« Le gouverneur de la BCL, Naji Issa, a confirmé à Al-Ahrar sa démission de son poste », a annoncé une chaîne de télévision privée.

Fin septembre 2024, Naji Issa et son vice-gouverneur Marii al-Barassi avaient été nommés en vertu d’un compromis « à l’unanimité, en présence de 108 députés » du Parlement, basé dans l’est de la Libye, région sous contrôle du puissant maréchal Khalifa Haftar et de ses fils.

Depuis la chute et la mort de l’autocrate Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye, dotée des principales réserves pétrolières d’Afrique, a sombré dans l’instabilité. Elle est actuellement gouvernée par deux exécutifs rivaux, l’un basé à Tripoli et reconnu par l’ONU, dirigé par Abdelhamid Dbeibah, l’autre placé sous la férule du clan Haftar, basé à Benghazi.

Une nomination rendue possible grâce à un compromis

Le prédécesseur de Naji Issa, Seddik el-Kebir, en poste de 2012 à 2024, avait fait l’objet de critiques de l’entourage d’Abdelhamid Dbeibah pour sa gestion de la manne pétrolière, considérée comme trop favorable au clan Haftar. Ripostant à son éviction le 18 août 2024 par les autorités de l’Ouest, l’exécutif de l’Est, qui contrôle la majorité des gisements et terminaux pétroliers, avait stoppé la production et les exportations le 26 août. La mesure avait fait chuter de moitié la production libyenne à environ 600 000 barils par jour (contre 1,2 million), selon la compagnie nationale de pétrole NOC.

L’arrivée de Naji Issa, un professionnel respecté, avait permis de mettre un terme à cette crise, qui avait engendré d’énormes pertes financières pour un pays qui tire l’essentiel de ses recettes budgétaires de l’exportation de pétrole. Sa nomination avait été rendue possible par un compromis, appuyé par l’ONU, entre le Parlement et le Haut Conseil d’État (HCE), installé à Tripoli et qui fait office de Sénat.

Le Parlement n’a pas réagi immédiatement à l’annonce de sa démission, tandis que le président du HCE, Mohammed Takala, lui a demandé dans une lettre de rester en poste « pour préserver la stabilité financière, économique et politique » du pays et prévenir « tout abus dans l’utilisation des devises ».

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