Parallèlement à la progression de la rentabilité de la station de Chtouka, l’ONEE déploie une assistance technique en cinq volets destinée à renforcer le dispositif de suivi et de contrôle du contrat de gestion déléguée de la station de dessalement de Chtouka.

La station de dessalement de Chtouka a été confirmée comme un actif stratégique pour le groupe Cox avec des revenus générés s’élevant à 27,7 millions d’euros au premier semestre. Dans ce cadre, la branche eau de l’Office national de l’électricité et de l’eau potable (ONEE) – à travers la Direction régionale de production Souss-Massa – a lancé le marché d’assistance et d’accompagnement pour le suivi de ses performances contractuelles pour 1,44 MDH. Étalée sur deux ans, cette assistance vise à renforcer le dispositif de suivi et de contrôle structuré et documenté du contrat de gestion déléguée conclu entre l’ONEE et le délégataire, tout en garantissant la conformité des prestations aux exigences contractuelles. Il sera notamment question d’appuyer le maître d’ouvrage principalement dans le renforcement du suivi technique, administratif et financier du contrat, de contrôler le respect des engagements contractuels par le délégataire, et d’évaluer les performances de la station de dessalement (production, qualité, disponibilité, rendement, maintenance, etc.).
Des prestations d’assistance des équipes de l’ONEE dans la prise de décision sont également prévues. L’assistance technique intervient exclusivement en appui à la ressource de l’ONEE, qui demeure seul responsable du pilotage, de la validation et de la prise de décision.

Cinq missions
Au total, le contrat porte sur cinq missions essentielles garantissant la performance globale de la station. La première a trait au pilotage de l’exploitation, en analysant les indicateurs de performance et les rapports d’activité périodiques. Elle veille au respect strict des obligations contractuelles tout en proposant des pistes d’amélioration pour optimiser la production d’eau. La deuxième mission se concentre sur l’examen minutieux des données de débit et de qualité. Ce volet inclut la surveillance de l’efficacité énergétique, du taux de conversion et de l’état des équipements vitaux. L’analyse des incidents techniques permet d’évaluer la pertinence des mesures de redressement mises en œuvre par le délégataire. La troisième mission encadre la maintenance et le renouvellement afin de préserver durablement l’intégrité du patrimoine industriel de l’usine. Elle audite les programmes préventifs et les interventions correctives tout en supervisant directement les opérations majeures réalisées sur le terrain. Le contrôle régulier des inventaires et des composants critiques permettra une gestion transparente et rigoureuse des actifs de l’infrastructure. La quatrième mission traite les aspects contractuels et administratifs à travers l’étude approfondie des différents rapports réglementaires produits. Ce volet comprend la gestion des pénalités, l’appui juridique en cas de litiges et l’animation des réunions de coordination avec les partenaires. La cinquième mission porte sur la sécurité financière en vérifiant la conformité des facturations trimestrielles liées à la vente d’eau. Elle contrôle les mécanismes d’indexation des tarifs et analyse l’évolution des coûts réels pour maintenir l’équilibre économique global. L’ensemble de ces interventions est destiné à sécuriser les intérêts du maître d’ouvrage tout en garantissant une ressource en eau fiable. Cette approche globale vise à assurer une supervision rigoureuse alliant expertise technique, rigueur juridique et vigilance financière de chaque instant.

La mise en service de la deuxième station est prévue pour 2030
Notons que la deuxième station de dessalement de l’eau de mer de la région Souss-Massa est désormais entrée dans sa phase de concrétisation. Cette seconde station sera installée à Sidi Toual, non loin du site de la première station située à Douira. Pour ce qui est du lancement effectif des travaux, il est prévu pour l’année 2027. La réalisation de cette unité sera exécutée en une seule phase. Quant à sa capacité de production, elle sera de 350 millions de m³, dont 100 millions d’eau potable et 250 millions dédiés à l’irrigation. En parallèle, les tracés des conduites, notamment pour le réseau d’adduction sont désormais définis alors le projet sera réalisé dans le cadre d’un partenariat public-privé (PPP). Il en est actuellement à la phase des études bathymétriques. Une fois les études finalisées, la phase de construction sera lancée avec un objectif de mise en service en 2030. Le projet, dont le coût initial est de 17 milliards de dirhams consiste en la réalisation de 12 stations de pompage, en plus des réservoirs d’eau, et d’environ 367 km de canaux de distribution. La consolidation du site de la station et des tracés permettra de préparer la phase d’expropriation pour cause d’utilité publique. Il s’agit aussi de procéder à la vérification des besoins en eau pour les quelque 300 km² qui seront couverts tout en menant les consultations juridiques et en travaillant sur la mobilisation des investissements nécessaires. La production sera répartie comme suit :
70 millions de m³/an pour les besoins en eau potable et d’irrigation de Tiznit ; 100 millions de m³/an pour renforcer et sécuriser l’approvisionnement de la région en eau potable ; et 180 millions de m³/an pour faire face aux besoins en eau d’irrigation du Souss. La construction de cette infrastructure sera accompagnée de la création d’un nouveau périmètre irrigué à Tiznit (de l’ordre de 10.000 hectares) pour le maraîchage et la sauvegarde des périmètres irrigués de Souss. Il s’agit, notamment, des périmètres irrigués d’Oulad Teima et El Guerdane qui abritent les filières agrumicole et laitière. Notons que les 250 millions de mètres cubes réservés à l’irrigation seront répartis entre la plaine du Souss, véritable cœur de la production agricole régionale (190 millions de m3) et le périmètre irrigué de Tiznit (60 millions de m3). Pour rappel, la future station de Sidi Toual a vocation à équilibrer les besoins des populations (30% de la production) et la survie du modèle agricole régional (70% de la production) face aux défis climatiques auxquels est confrontée le Souss-Massa.

Yassine Saber / Les Inspirations ÉCO

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