À l’issue de leur rencontre avec le ministre de l’Intérieur, jeudi 13 août, l’intersyndicale des pompiers fustige une rencontre stérile. En réponse, un campement sera organisé place de la République à Paris du 26 au 29 septembre prochain.

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Par Caroline Perrot

Publié le 13 août 2026 à 17h50

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L’État joue-t-il avec le feu ? « On est géré par un certain nombre de branquignoles », fustige un pompier professionnel place Beauvau. À l’issue de la rencontre avec Laurent Nunez, ministre de l’Intérieur, jeudi 13 octobre, la colère monte d’un cran parmi les soldats du feu, en première ligne depuis le début de l’été. « Le ministre n’est pas au rendez-vous, nous n’avons pas eu de réponse concrète. Nous n’avons aucune affirmation ni sur le financement, ni sur la stratégie de financement, ni sur le contenu du projet de loi », regrette, à la sortie de la rencontre, Xavier Boy, porte-parole de l’intersyndicale.

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Joint par Valeurs actuelles, Rémy Chabbouh, porte-parole de Sud SDIS, est hors de lui. « Message personnel à Monsieur Laurent Nunez : méfiez-vous de la colère d’hommes patients », prévient-il. Collectées à l’issue de la rencontre avec leur ministre de tutelle, les réactions des soldats du feu affichent une harmonie en terme d’ire et courroux. Pierre, pompier professionnel des Bouches du Rhône ne décolère pas : « C’est un foutage de gueule ! On nous prend pour des cons ! ». Le soldat du feu qui espérait dans nos colonnes, une sortie de l’été permettant de retenir les leçons des nombreux et impressionnants incendies de l’été maitrisés par les pompiers professionnels et volontaires. Déçu, désabusé, l’homme qui a lutté contre les brasiers de Gironde puis du Var parait résigné. « On fera partie des oubliés. Même si on nous promet des choses pour le 29 septembre », confie-t-il.

Des colonnes de la révolte à Paris

En clair : aucune réponse concrète concernant les revendications de l’intersyndicale. Les politiques se renvoient la balle, en prétextant que les pompiers professionnels dépendent des départements et du ministère de l’Intérieur. D’où un besoin de concertation avant toute décision. « C’est un jeu de dupe depuis dix ans », confie Antony Chauveau porte-parole de l’UNSA. « Le ministre affiche une volonté de faire avancer les choses. Mais rien ne se passe ».

Le feu n’est nullement éteint du côté des syndicats de pompiers. Alors que les prévisions météorologiques s’avèrent encore propices aux risques d’incendies jusqu’à la fin du mois septembre, les neuf syndicats organisent un campement du 26 au 29 septembre. Les colonnes de la révolte, dédiées à la prévention et l’information vont se tenir Place de La République, en plein Paris. Un message fort pour un corps de métiers peu enclin à la mutinerie.

« Le manque de budget, on ne veut pas en entendre parler, clame Pierre, pompier des Bouches du Rhône. L’argent va à l’Afrique, l’Ukraine… On leur octroie des millions d’euros alors qu’on ne dispose d’aucun moyen supplémentaire au titre de la sécurité civile. Emmanuel Macron joue un jeu dangereux ». Comme si l’État continuait à jouer avec le feu.

Sur X, le ministre de l’Intérieur dit « n’ignorer aucune des difficultés qui m’ont été remontées. Le temps est désormais celui de l’action », en annonçant que « le projet de loi de modernisation de la sécurité civile était désormais arbitré par le premier ministre, et leur sera présenté début septembre ».

J’ai reçu ce jour, à sa demande, l’intersyndicale des sapeurs-pompiers professionnels, composée des 9 organisations syndicales.

Chacune d’entre elle a pu exprimer ses préoccupations. S’en sont suivis de longs échanges très francs. Les constats sont partagés, et je n’ignore… pic.twitter.com/MwjCpOyoVI

— Laurent Nuñez (@NunezLaurent) August 13, 2026

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