Les activités elles-mêmes étaient conçues pour susciter des expériences pouvant ensuite être analysées avec les jeunes. «En psychoéducation, l’activité devient un moyen d’intervention qui permet de faire vivre une situation au jeune, puis de revenir avec lui sur ce qu’il a vécu», explique David Côté-Dion. 

Pour briser les stéréotypes de genre, les intervenants ont modifié les règles de certains jeux: «Par exemple pour le jeu de la tague, toucher une fille valait trois points, mais toucher un garçon valait un seul point. Cela permettait de redonner un rôle à la jeune fille, qu’elle se voie compétente», relate le chargé de cours. Cette méthode, qui valorisait le leadership féminin, a permis aux garçons de réaliser que la collaboration avec les filles menait à la victoire.

Il est ainsi devenu possible de parler de conflits, de compétition et de reconnaissance des efforts. «On est venus démocratiser le fait qu’une émotion, ce n’est pas quelque chose de menaçant ou qui va nous perdre. On peut exprimer une peur et c’est un constat normal», souligne-t-il.

L’équipe a aussi pu constater l’importance de l’inclusion. Dans certaines écoles, les étudiants ont rencontré des enfants présentant des handicaps ou des différences cognitives et comportementales. Certains d’entre eux étaient marginalisés par leurs camarades, qui demandaient parfois aux étudiants de ne pas leur parler ou de ne pas les intégrer aux activités. L’équipe a choisi de modifier les jeux pour permettre à ces jeunes d’y participer. «On se mettait à discuter avec eux et on les incluait dans le jeu», indique le chercheur.

Des enfants avec des handicaps visuels ou auditifs, des difficultés d’apprentissage ou des caractéristiques associées au trouble du spectre de l’autisme ont ainsi pu prendre part aux activités. Ce fut pour l’équipe l’illustration d’une autre fonction possible du sport: créer un espace où chacun peut avoir un rôle dans le groupe, indépendamment de ses capacités physiques ou cognitives.