La plus haute juridiction sud-africaine a annulé vendredi des droits d’exploration pétrolière et gazière accordés à Shell il y a plus de dix ans, tranchant en faveur d’écologistes et de populations côtières. Il s’agit de l’épilogue d’une bataille juridique historique pour ces derniers qui s’opposaient à un projet de relevés sismiques du géant britannique de l’énergie, au large de la côte sud-est du pays, car cela affecterait les baleines et autres formes de vie marine sur la «Wild Coast», selon ces militants.
En 2022, une juridiction inférieure avait estimé que l’autorisation d’exploration accordée par le gouvernement de l’Afrique du Sud en 2014 était illégale, dans un jugement salué comme une grande victoire pour la société civile. Mais en 2024, une cour d’appel avait donné au géant britannique du pétrole une nouvelle chance de renouveler son permis.
La Cour constitutionnelle a déclaré vendredi dans un communiqué que «toute autre décision (qu’une annulation, NDLR) reviendrait à faire passer des investissements financiers devant de graves violations constitutionnelles». La «Wild Coast», aux paysages sauvages spectaculaires, s’étend sur quelque 300 km au bord de l’océan Indien et compte plusieurs réserves naturelles ainsi que des zones marines protégées. Le projet d’exploration impliquait l’envoi d’une puissante onde de choc toutes les dix secondes, dans une zone de 6.000 km2, par des bateaux équipés de canons à air.