Le défunt Mohamed Serghini. Une oeuvre littéraire immense.

L’une des plus grandes figures intellectuelles et littéraires du Maroc et du monde arabe, Mohamed Serghini, vient de rendre l’âme, ce vendredi 14 août 2026, à l’âge de 96 ans.

Né à Fès en 1930, l’écrivain, poète et critique d’art a contribué à l’essor de la modernité poétique, laissant derrière lui une œuvre riche et foisonnante, à la croisée de la poésie, de la critique, de la traduction, des études sémiotiques et philosophiques, ainsi que du roman et du théâtre.

Mohamed Serghini laisse une importante œuvre littéraire, comprenant notamment plusieurs recueils de poésie, dont « Tahta Al-Anqadh, Faouqa Al-Anqadh» (Sous les ruines, au-dessus des ruines), qui lui a valu le Prix du Maroc du Livre dans la catégorie poésie.

Le défunt a également enrichi les bibliothèques marocaine et arabe par des contributions remarquées dans les domaines de la critique et de la pensée, parmi lesquelles « Conférences de sémiologie » (1987), ainsi qu’une étude et une traduction consacrées à la poétique de Salah Stita. Il est également l’auteur du roman « Je t’ai trouvé dans cet archipel » (1992) et de la pièce de théâtre « La chanson du train fantôme » (1986).

Ce parcours créatif a été couronné par l’obtention, en 2004, du Prix international de poésie Argana, faisant de Mohamed Serghini l’un des premiers lauréats de cette distinction décernée par la Maison de la poésie au Maroc.

Mohamed Serghini incarnait une figure culturelle et intellectuelle singulière, réunissant une solide formation académique, un intérêt marqué pour la critique et la philosophie, une profonde sensibilité soufie et une imagination poétique résolument moderne.

Le défunt a effectué à Fès ses premières études, imprégné par le riche environnement culturel et scientifique de la cité, avant de poursuivre son parcours académique à l’Université Al Quaraouiyine. Il s’est ensuite rendu au Machreq, où il a obtenu une licence ès lettres à l’Université de Bagdad en 1959.

De retour au Maroc, il a poursuivi sa formation universitaire et obtenu un diplôme de littérature comparée à l’Université Mohammed V de Rabat en 1963, avant de décrocher un doctorat de troisième cycle en 1970, puis un doctorat d’État à la Sorbonne, à Paris, en 1985.

Avec sa disparition, le Maroc perd l’une des figures majeures de la scène culturelle et intellectuelle contemporaine. Son œuvre aura marqué de nombreuses générations d’écrivains imprégnés par la créativité et la richesse culturelle d’un personnage hors du commun.