Quinze ans après, la Libye continue à chercher la stabilité sécuritaire et économique et est toujours très loin d’une réconciliation nationale. Ce mardi, aucun rassemblement significatif n’a eu lieu pour fêter l’occasion. Au sein de la population libyenne règne un fort sentiment collectif d’une grosse déception face à cette date symbolique règne. Cette dernière est assaillie par d’énormes défis quotidiens : difficulté pour avoir de la liquidité, de l’essence, pour toucher son salaire ou pour se faire soigner mais aussi pour se déplacer dans un pays profondément divisé entre deux pouvoirs parallèles.

La classe moyenne a presque disparu depuis et le dinar s’est déprécié face au dollar – 1 seul dollar vaut presque 10 dinars libyens aujourd’hui. « Le fossé entre ceux qui profitent du statu quo et ceux qui en souffrent est devenu immense », explique le chercheur Imad Badi sur son réseau X. Depuis 2011, les gouvernements intérimaires successifs ont tous échoué à collecter les armes et à dissoudre les milices.

Les élections générales promises depuis 2014 n’ont jamais eu lieu. Quant aux ingérences étrangères croissantes, elles compliquent davantage la crise et violent la souveraineté libyenne. Des dizaines de sites militaires sont investis par des forces étrangères avec une présence notable des Turcs et des Russes. La transition politique est toujours en suspens.

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