C’est sous le maillot des Bleus qu’il construit son immense carrière internationale : 107 sélections, champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000.

Nommé à la tête des Lions, Patrick Vieira ne découvre pas le football sénégalais. Né à Dakar et cofondateur de l’Institut Diambars, l’ancien capitaine d’Arsenal entretient depuis plus de vingt ans une relation concrète avec la formation au Sénégal. Une histoire qui a accompagné l’émergence de plusieurs internationaux sénégalais.

Patrick Vieira est né le 23 juin 1976 à Dakar avant de rejoindre la France à l’âge de huit ans. C’est sous le maillot des Bleus qu’il construit son immense carrière internationale : 107 sélections, champion du monde en 1998 et champion d’Europe en 2000.


Le Comité d’urgence sous tension, le récit de la dernière réunion explosive à la FSFPatrick Vieira

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Mais alors qu’il est encore au sommet du football européen, notamment avec Arsenal, Vieira décide de s’investir dans son pays de naissance. Au début des années 2000, il participe à la création d’un projet qui deviendra l’une des références de la formation sénégalaise : Diambars.

Diambars, une histoire qui commence en 2003

L’idée initiale est notamment portée par l’ancien joueur de Lens Jimmy Adjovi-Boco, qui souhaite créer une structure où formation sportive et éducation seraient indissociables.


Officiel : Patrick Vieira nommé sélectionneur de l’équipe nationale du SénégalPatrick Vieira

Officiel : Patrick Vieira nommé sélectionneur de l’équipe nationale du Sénégal

Patrick Vieira adhère au projet aux côtés de Bernard Lama et Saer Seck. Les quatre hommes deviennent les cofondateurs de Diambars, dont l’Institut ouvre ses portes à Saly en 2003.

La philosophie est claire : former des footballeurs de haut niveau sans sacrifier leur scolarité.

Vieira ne se contente pas d’associer son nom au projet. Alors capitaine d’Arsenal et star de Premier League, il devient notamment président de Diambars UK, structure chargée de développer des partenariats et de rechercher des financements. Il contribue également financièrement au développement de l’Institut.

Sa notoriété constitue surtout un atout considérable. La présence d’un champion du monde et capitaine d’Arsenal donne au jeune projet sénégalais une visibilité et une crédibilité auprès des acteurs du football européen.

Gana Gueye et Pape Souaré, les premiers symboles

Quelques années suffisent pour voir apparaître les premiers résultats.

Idrissa Gana Gueye et Pape Ndiaye Souaré, issus de la première génération, quittent Diambars pour rejoindre Lille. En 2009, ils font partie des premiers grands produits de l’Institut à intégrer le football professionnel français. La suite est connue…

Gana Gueye évoluera à Lille, Aston Villa, Everton et au Paris Saint-Germain, tout en devenant l’un des cadres historiques des Lions.

Pape Souaré connaîtra également la Premier League, notamment sous les couleurs de Crystal Palace, et portera le maillot du Sénégal.

Mais cette première promotion recèle d’autres futurs internationaux. Les responsables de Diambars ont notamment cité Kara Mbodji et Saliou Ciss parmi les joueurs de cette génération.

Kara deviendra pendant plusieurs années un pilier de la défense sénégalaise. Saliou Ciss participera, lui, au premier sacre du Sénégal en Coupe d’Afrique des nations.

De Badou Ndiaye à Bamba Dieng, plusieurs générations de Lions

La réussite de Diambars ne s’arrête pas à sa première génération.

Pape Alioune “Badou” Ndiaye passe lui aussi par l’Institut. Son parcours illustre parfaitement le modèle voulu par les fondateurs : parallèlement au football, le futur international poursuit ses études, obtient son baccalauréat puis entame un cursus universitaire avant de construire une carrière professionnelle en Europe.

Plus tard arrive la génération de Bamba Dieng. Passé plusieurs années par Diambars, l’attaquant rejoint l’Olympique de Marseille et intègre rapidement les Lions.

Lors de la CAN remportée par le Sénégal, quatre joueurs passés par Diambars figurent dans le groupe : Idrissa Gana Gueye, Saliou Ciss, Joseph Lopy et Bamba Dieng.

D’autres internationaux, parmi lesquels Pathé Ciss et Abdoulaye Seck, sont également passés par la structure.

En un peu plus de deux décennies, Diambars a ainsi créé une véritable passerelle entre la formation locale, le football professionnel européen et l’équipe nationale.

Un acteur de la transformation de la formation sénégalaise

L’impact de Diambars dépasse la seule exportation de joueurs. L’équipe première devient championne du Sénégal en 2013, démontrant qu’un projet centré sur la formation peut également rivaliser avec les meilleurs clubs du championnat national.

Diambars n’est évidemment pas seul responsable de la transformation du football sénégalais.

Génération Foot a joué un rôle tout aussi déterminant, en produisant notamment Sadio Mané, Ismaïla Sarr, Habib Diallo, Pape Matar Sarr ou Lamine Camara.

Mais ces académies ont contribué à professionnaliser la détection et la formation : hébergement, scolarité, entraînement quotidien, suivi des jeunes et passerelles structurées vers le football professionnel.

Vieira n’a jamais totalement quitté le Sénégal

Même après sa carrière de joueur, puis avec ses expériences d’entraîneur en Europe et aux États-Unis, Patrick Vieira est resté lié à Diambars.

Saer Seck expliquait encore en 2022 que les deux hommes échangeaient régulièrement et que Vieira gardait « toujours un œil sur le Sénégal », malgré ses obligations professionnelles.

C’est un élément important au moment de comprendre son arrivée chez les Lions.

Vieira ne débarque pas au Sénégal comme un technicien étranger découvrant le pays. Il connaît depuis plus de vingt ans certains acteurs de son football, le fonctionnement de ses académies et les problématiques liées au passage des jeunes Sénégalais vers le très haut niveau.

Avant même les Lions, Vieira avait déjà laissé une trace

Cette histoire ne garantit évidemment en rien sa réussite comme sélectionneur. Patrick Vieira sera désormais jugé sur ses résultats, ses choix tactiques, sa gestion du groupe et sa capacité à préparer une nouvelle génération de Lions.

Il serait également exagéré de lui attribuer personnellement les joueurs produits par Diambars. Leur réussite appartient au travail collectif des entraîneurs, éducateurs, recruteurs, enseignants et dirigeants de l’Institut.

Mais un fait demeure : Patrick Vieira avait déjà participé au développement du football sénégalais bien avant de s’asseoir sur le banc de l’équipe nationale.

Cofondateur de Diambars avec Jimmy Adjovi-Boco, Bernard Lama et Saer Seck, il a apporté au projet sa notoriété, son réseau, sa capacité à rechercher des financements et son propre soutien financier.

Plus de vingt ans après l’ouverture de l’Institut, les noms de Gana Gueye, Kara Mbodji, Pape Souaré, Saliou Ciss, Badou Ndiaye, Joseph Lopy, Bamba Dieng, Pathé Ciss ou Abdoulaye Seck témoignent du chemin parcouru.

En 2003, Vieira participait à la construction d’une structure destinée à préparer l’avenir du football sénégalais. En 2026, il se retrouve à la tête de sa sélection nationale.

Plus qu’un simple retour au pays, sa nomination chez les Lions referme ainsi une boucle commencée à Saly il y a plus de vingt ans.