Vendredi 14 août, à Saint-Brieuc, une animation organisée par des résidents du quartier de l’Europe s’est transformée en polémique politique. Le barbecue, les sodas et la piscine gonflable n’étaient pas du goût de Nicolas Le Masson, responsable local du Rassemblement national.

Sur les réseaux sociaux, il a évoqué des « incivilités », un « manque de respect des lois » et « la bordélisation » de la part « de délinquants de quartier ». Posant des photos de la petite fête, il a affirmé que la police municipale avait été « prise à partie », nécessitant la venue « de la Police nationale et de la BAC ». Le lendemain, il a relayé plusieurs vidéos de participants tirant des mortiers d’artifice, insinuant un possible financement douteux de l’opération.

La police recadre les faits

Une présentation des faits bien éloignée de la version des forces de l’ordre. Contacté par Le Télégramme, le commissariat confirme son intervention, qui faisait suite à un refus des organisateurs de renoncer à la baignade pour les enfants malgré la demande de la police municipale. À l’arrivée de la Police nationale, la piscine gonflable a été retirée afin de respecter les restrictions d’eau. « Aucun effectif n’a fait remonter une ambiance tendue », précise la police. De plus, « l’utilisation d’un barbecue n’était pas interdite » et l’événement était encadré par des adultes, « qui avaient même prévu des extincteurs au cas où ».

Quant au prétendu financement occulte, des sources sécuritaires confirment qu’aucune piste ne mène au narcotrafic. Concernant les tirs de mortier en fin de soirée, aucun appel ni aucune plainte n’ont nécessité d’intervention. Aucune procédure judiciaire n’a d’ailleurs été ouverte.

« Je ne m’attendais pas à ce qu’un barbecue fasse autant parler »

Sur place, la pilule ne passe pas. Contactée, l’organisatrice, une habitante du quartier de 20 ans, ne cache pas son étonnement : « Je ne m’attendais pas à ce qu’un barbecue fasse autant parler ». Alors qu’elle rappelle qu’il s’agissait d’un simple moment convivial, elle nuance l’épisode des feux d’artifice : « C’était pas prévu, certains en ont acheté et ils ont été tirés. Ça a duré cinq minutes et les gens sont rentrés ».

Dans le quartier, plusieurs habitants s’indignent des réactions politiques. « Il faut vraiment être haineux pour s’en prendre à des jeunes qui font une petite animation », regrette un riverain. « C’est du racisme, c’est tout », estime un autre.

Nicolas Le Masson persiste : « Un rassemblement hors la loi »

Contacté, Nicolas Le Masson maintient ses propos : « Plusieurs habitants du quartier m’ont contacté, eux comme moi s’insurgeaient de l’organisation de ce genre d’activité ».

Pour le responsable du RN, le caractère non déclaré du rassemblement et sa conclusion l’emportent sur le reste : « C’était un rassemblement non autorisé dans l’espace public donc hors la loi. Et cet événement s’est terminé par des tirs de mortiers ».

Selon lui, l’événement traduirait un problème récurrent dans le quartier : « Ce n’est pas la première fois qu’il y a des rassemblements sauvages, ces habitants subissent ça. Ils n’ont pas à subir les incivilités d’une petite partie du quartier ».

Enfin, ciblant la réaction de l’élu LFI Henri Alloy, qui s’est indigné de propos « à vomir d’un candidat aux sénatoriales », Nicolas Le Masson se dit « surpris » qu’un conseiller municipal prenne la défense de telles initiatives.