Si le conflit au Moyen-Orient venait à s’intensifier, l’Iran pourrait frapper des cibles sur le territoire américain. Des pays tels que la Bulgarie ou Chypre sont évoqués. 

Un risque d’extension géographique du conflit. Alors que la guerre au Moyen-Orient entame son sixième mois, l’incertitude règne. Si les hostilités entre les belligérants ont diminué ces dernières semaines, la situation reste tendue dans la région. Le dialogue ténu entre les Etats-Unis et l’Iran apparaît désormais rompu, Donald Trump ayant affirmé, mardi, qu’aucune discussion avec Téhéran n’avait lieu ce moment.

Face à la perspective d’une intensification du conflit, l’Iran envisage nombre de stratégies, y compris celle d’attaquer des sites militaires américains basés en Europe, selon des sources proches du régime citées par le Financial Times. Plusieurs pays d’Europe de l’Est seraient évoqués, à l’image de la Bulgarie ou de Chypre. 

«Si les États-Unis vont trop loin, l’Iran se défendra à tout prix, étendra son action au-delà de la région et frappera également l’Europe», a déclaré une source relayée par le quotidien économique et financier britannique. 

Des multiples menaces

Ces révélations interviennent alors que l’Iran multiplie les menaces à l’encontre de pays européens. Le mois dernier, la Bulgarie a provoqué l’ire de Téhéran après avoir approuvé l’accueil temporaire de huit avions ravitailleurs et de plusieurs centaines de militaires américains dans sa base aérienne de Bezmer. 

Si la Bulgarie présente ce déploiement comme une coopération de routine, l’Iran y voit un acte de complicité pouvant faciliter d’éventuelles opérations américaines. «Ceux qui prennent les décisions en Bulgarie doivent assumer la responsabilité de la décision dangereuse d’accueillir un avion ravitailleur américain sur leurs bases militaires», avait alors réagi le porte-parole du ministère iranien des Affaires étrangères, Esmaïl Baghaei. 

Le mois dernier, encore, l’Iran a averti le Royaume-Uni que l’utilisation de bases militaires britanniques pour lancer des opérations américaines offensives pourraient être attaquées. «Toute base utilisée pour lancer une attaque sur le territoire iranien sera considérée comme une cible légitime», avait déclaré le Corps des gardiens de la révolution islamique, le 24 juillet dernier. 

Comme le rappellent nos confrères du Guardian, le Royaume-Uni a autorisé les États-Unis à lancer des opérations défensives depuis des bases britanniques abritant des avions américains. Toute participation à d’éventuelles opérations offensives a toutefois été refusé par Londres.

Un arsenal suffisant ? 

Au-delà des mots, nombre d’observateurs doutent que l’Iran puisse mettre à exécution ces menaces. Pour ce faire, Téhéran pourrait déployer des missiles balistiques de moyenne portée, à l’image des modèles Shahab. Reste que le potentiel destructeur de cet arsenal s’avère limité à longue portée.

L’attaque iranienne survenue le 17 juillet dernier sur la base américaine d’Azraq, en Jordanie, a toutefois démontré la capacité du régime à atteindre des cibles à longue distance. «C’était aussi un message adressé à l’Europe : elle peut être la cible de missiles et doit donc savoir quelle position adopter dans ce conflit », a affirmé une source iranienne au Financial Times.