Les Bourses mondiales évoluent en ordre dispersé mercredi, entre le reflux des taux américains qui soutient Wall Street, la persistance de rendements élevés en Europe et la remontée des prix du pétrole toujours au-dessus de 90 dollars le baril. En Europe, parmi les grandes places, seule Londres (+0,20%) et Paris s’affichaient en hausse (+0,28%). Francfort (-0,14%) et Milan (-0,26%) cédaient légèrement du terrain. À New York, dans les premiers échanges, le tableau est également contrasté, le Dow Jones gagnant 0,50% et l’indice élargi S&P 500 0,38%. Seul le Nasdaq, plus tourné vers les valeurs technologiques, était dans le rouge (-0,27%). Les actions américaines sont soutenues par l’annonce du ministère américain des Finances de son intention de multiplier au moins par deux le volume des rachats d’obligations, en particulier celles à long terme (de 10 à 30 ans).

En clair, le Trésor cherche à améliorer la liquidité du marché obligataire en retirant des titres qui peinent à trouver preneur et dont le taux grimpe donc en conséquence. «La brusque baisse des rendements a donné un sérieux coup de pouce aux marchés actions américains, qui avaient subi des pressions en raison de la progression des rendements souverains vers des niveaux inédits depuis plusieurs années, voire plusieurs décennies», explique Neil Wilson, analyste de Saxo UK. Vers 14H00 GMT, les bons du Trésor américain à échéance 10 ans affichaient un rendement à 4,65% contre près de 4,71% mardi à la clôture. Wall Street attend d’ailleurs la publication des «minutes» (compte-rendus) de la dernière réunion de la Réserve fédérale, qui devraient donner des indications sur un possiblement resserrement monétaire en septembre.


Passer la publicité

«Concurrence pour le capital»

En zone euro, les rendements restent élevés alors que l’inflation en rythme annuel s’est établie à 2,9% en juillet, contre 2,8% en juin. Le taux d’emprunt allemand à dix ans affichait un rendement de presque 3,26% vers 14H00 GMT, comme la veille, proche de son plus haut depuis 2011. Les obligations françaises à dix ans promettaient un rendement de 4,10% contre 4,11% la veille, là aussi proche de leur plus haut depuis 2008. Avec des taux plus élevés, la «charge de la dette» risque de s’alourdir, redoutent des économistes, qui parlent d’«effet boule de neige» d’une dette qui s’auto-entretient. Par le financement de leur dette, les États sont «en concurrence pour le capital» avec les géants de la tech sur le marché des capitaux disponibles, estime John Plassard de Cité Gestion.

Pétrole toujours à plus de 90 dollars

La hausse des taux reflète également une «prime de risque» exigée par les emprunteurs face à l’inflation, qui réduit la valeur réelle des capitaux qu’ils prêtent. Et l’inflation est alimentée par une énergie durablement chère. Mercredi, le prix du baril de Brent de la mer du Nord, référence mondiale du brut, restait perché à 91,26 dollars (+0,26%), et le WTI américain s’échangeait à 85,23 dollars le baril (+0,34%) vers 14H00 GMT. Les marchés ne croient plus en la réouverture du détroit d’Ormuz. Donald Trump a affirmé mardi qu’aucune discussion avec l’Iran n’avait lieu en ce moment, et Téhéran a assuré que son verrou sur le détroit d’Ormuz tenait toujours, des positions qui illustrent l’impasse dans laquelle se trouve le conflit.

«Pétrole et taux resteront clairement la préoccupation des marchés à court terme, alors que la dernière saison des résultats a dépassé toutes les attentes et pas seulement sur les techs (Nvidia clôturera la saison la semaine prochain), mais que les besoins de financements progressent», résument les analystes de Natixis. Au tableau des valeurs, les titres des laboratoires américains Merck (+10,41%) et Moderna (+119,70%) s’envolent à la Bourse de New York mercredi, après avoir annoncé des résultats positifs lors de la dernière phase d’essais cliniques de leur vaccin expérimental à ARN messager contre le cancer de la peau, qui s’adresse aux patients avec un mélanome dans une phase avancée. «Il s’agit de la première annonce de résultats positive de phase 3 (…) pour une thérapie anticancéreuse à base d’ARNm», écrivent Merck et Moderna dans un communiqué conjoint.