L’ONG Reporters sans frontières (RSF) a condamné mercredi l’agression d’au moins huit journalistes, dont deux missionnés par l’AFP, qui couvraient un rassemblement de l’opposition en fin de semaine dernière dans le sud-ouest du Kenya. Des élections générales sont prévues en août 2027 dans le pays d’Afrique de l’Est, au cours desquelles le président William Ruto briguera un second mandat face à une opposition qui cherche à s’unir et à surfer sur un certain mécontentement.
Des violences ont éclaté dimanche à Homa Bay avant le rassemblement du mouvement d’opposition Linda Mwananchi, qui cherche à unifier les mécontents et les déçus du mandat de M. Ruto. Edwin Sifuna, vu comme un sérieux candidat possible à la présidentielle, en fait partie.
Selon RSF, au moins huit journalistes ont été agressés et des véhicules de presse vandalisés, avant, et durant ce rassemblement. Parmi ceux-ci, Fred Ooko, vidéojournaliste, et Brian Ongoro, photographe, missionnés par l’AFP pour couvrir ce meeting, qui ont été attaqués par un groupe d’hommes armés.
Tous deux ont été sévèrement frappés et une partie de leur équipement, de l’argent et des papiers d’identité leur ont été volés.
Deux journalistes du groupe kényan Standard, Rodgers Otiso et Sammy Omingo, ont également été pris pour cibles alors qu’ils couvraient l’événement : après être sortis de leur véhicule, bloqué par un convoi, ils ont été poursuivis et agressés par des hommes armés de machettes.
Les cameramen du groupe Mediamax Network Limited, Evans Okeyo et Francis Mwangi, ont également été agressés, et ce dernier a dû être hospitalisé. Kevin Obambo et Mohamed Dida, du groupe de médias Royal Media Services, ont également été blessés.
« À moins d’un an des élections générales, RSF est extrêmement préoccupée par les attaques visant ces journalistes, qui ont été agressés et empêchés d’exercer leur métier », a déclaré Jeanne Lagarde, responsable du plaidoyer pour le bureau Afrique subsaharienne de l’ONG.
« Cette hostilité envers les médias est incompatible avec une élection libre », a-t-elle ajouté, citée dans un communiqué, appelant les autorités à agir. Ces actes de violence ne constituent pas un incident isolé, rappelle l’ONG, soulignant que les journalistes sont régulièrement agressés, intimidés ou arrêtés, en particulier lorsqu’ils couvrent des manifestations ou des rassemblements politiques.
Des responsables de l’opposition ont dénoncé un climat de plus en plus hostile et les observateurs alertent sur le recours croissant, de la part de tous les camps, à des hommes de main armés – appelés « goons » au Kenya – pour perturber les rassemblements politiques de l’adversaire ou se protéger.