On la connaît pour sa pugnacité lors des interviews politiques
et sa voix posée derrière le micro. Pourtant, loin des débats
enflammés du quotidien et des plateaux de télévision, la
journaliste Sonia Mabrouk cultive méticuleusement un jardin secret
bien plus gourmand.
La maman de la petite Soraya et d’Ismaël est en effet une
véritable épicurienne dans l’âme, une fine bouche
assumée qui adore faire frémir ses papilles avec de bons petits
plats.
Il faut dire qu’avoir
partagé la vie du grand chef étoilé Guy Savoy laisse forcément
de délicieuses traces indélébiles sur le palais ! Mais contre toute
attente, ce n’est pas vers la haute gastronomie française
ou vers un plat guindé que son cœur penche spontanément au
quotidien.
Lors d’un entretien riche en confidences accordé au Journal du
dimanche, la célèbre animatrice avait accepté de dévoiler sa
véritable Madeleine de Proust. Un met populaire,
particulièrement réconfortant et généreux, profondément
ancré dans ses racines et ses meilleurs souvenirs familiaux.
Un joyau mijoté loin des plateaux de télévision par Sonia
Mabrouk
Si la journaliste maîtrise l’art du direct et du timing au
millimètre près, elle apprécie tout autant les recettes de cuisine
qui prennent tout leur temps. Son péché mignon ultime porte un nom
évocateur : la mouloukhiya !
Pour les néophytes qui n’auraient encore jamais croisé la route
de cette curiosité culinaire, l’animatrice décrivait elle-même
cette spécialité comme une sorte de potage très
consistant, à la teinte très sombre, confectionné à partir
de feuilles végétales ressemblant à des épinards et sublimé par de
savoureux morceaux de viande mijotés durant de longues heures comme
l’indiquait la principale intéressée dans les colonnes du Journal
du Dimanche.
Un vrai plat de patience comparé à l’immédiatité des médias !
Extrêmement populaire du Proche-Orient jusqu’au Sahel en passant
par l’Afrique du Nord, cette préparation repose sur un ingrédient
star : la corète potagère. Issue de la famille des
Malvacées, cette plante cultivée dans les régions chaudes réserve
d’ailleurs bien des surprises, puisqu’elle sert aussi bien à
confectionner de la robuste toile de jute qu’à régaler les fins
gourmets. Une polyvalence pour le moins inattendue !
Le secret d’une recette ancestrale et
généreuse
Côté fourneaux, la réalisation de ce plat traditionnel demande
un savoir-faire bien particulier et une bonne dose d’amour. Selon
les coutumes locales, les précieuses feuilles de corète sont soit
séchées puis conservées entières, soit réduites en une fine
poudre de couleur verte. Elles sont ensuite lentement
intégrées dans une sauce riche et parfumée, préparée avec des
morceaux de bœuf, d’agneau, de poulet, de canard, de lapin ou même
de poisson.
Au terme d’un mijotage d’une patience d’ange, on obtient un
ragoût très épais, nappé d’une sauce oscillant entre le
vert sombre et le noir presque opaque. Pas de doute :
entre une création gastronomique complexe et ce grand classique du
bassin méditerranéen, Sonia Mabrouk a choisi le réconfort pur ! De
quoi faire saliver les plus curieux et renouveler les habitudes du
dimanche en famille.