Comme la France, plusieurs pays européens comptent leurs morts après les multiples vagues de chaleur de ces derniers mois. En Allemagne, environ 14 000 personnes sont mortes cet été à cause des épisodes de canicule, battant le record de 2018, selon des estimations publiées jeudi 20 août par l’Institut Robert Koch (RKI), l’autorité sanitaire allemande. En Espagne, près de 4 500 décès attribuables à la chaleur ont été recensés entre le 1er juin et le 19 août, un record sur cette période depuis 2022, selon des données publiées par l’Institut de santé Carlos III à Madrid.

L’Allemagne avait enregistré 8 900 décès liés à la chaleur en 2018. Les chiffres recueillis à l’échelle nationale fournissent des informations sur le nombre estimé de décès liés aux vagues de chaleur jusqu’au 9 août.

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Les personnes âgées de 75 ans et plus ont été les plus touchées, précise le rapport hebdomadaire de l’Institut Robert Koch. Selon le RKI, 9 600 des 14 000 personnes décédées au total cette année à cause de la chaleur sont mortes au cours de la semaine du 22 au 28 juin, qui a été particulièrement caniculaire en Allemagne. À cette période, des températures records, dépassant par endroits les 41 °C, ont été enregistrées.

L’ampleur des décès liés à la chaleur est modélisée à l’aide de méthodes statistiques, en comparant le nombre de décès survenus pendant les semaines d’été avec et sans canicule. Ceci est nécessaire car la chaleur ne peut pas être indiquée comme la cause de la mort sur les actes de décès et n’apparaît donc pas dans les statistiques sur les causes de décès.

La chaleur n’entraîne, en effet, que rarement la mort de manière directe, comme c’est le cas par exemple lors d’un coup de chaleur. Dans la plupart des cas, c’est une combinaison de températures élevées et de pathologies préexistantes, telles que des maladies cardiovasculaires, pulmonaires ou rénales, qui conduit au décès. C’est pourquoi on parle alors de décès liés à la chaleur.

La plus forte surmortalité depuis 2022 en Espagne

En Espagne, près de 4 500 décès liés aux récentes vagues de chaleur ont été recensés. À titre de comparaison, 3 073 décès avaient été attribués à la chaleur sur la même période l’an passé, et 1 890 en 2024. Il faut remonter à 2022 pour trouver une estimation équivalente (4 520 morts).

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Au total, selon les données publiées quotidiennement par l’Institut Carlos III et régulièrement révisées, 4 458 décès sont attribuables à la chaleur depuis le 1er juin de cette année.

Ces estimations sont fondées sur un système baptisé « MoMo » (monitoring de la mortalité), qui collecte sur une base quotidienne le nombre de décès en Espagne et calcule l’écart de la mortalité par rapport à la mortalité prévisible sur la base des séries historiques enregistrées. Il intègre également des facteurs comme les températures communiquées par l’Agence nationale de météorologie.

Comme une grande partie de l’Europe, l’Espagne traverse cette année un été particulièrement chaud, et a vu plusieurs vagues de chaleur écrasante se succéder. Le mois de juillet 2026 a ainsi été le mois le plus chaud jamais enregistré en Espagne, à égalité avec juillet 2022, selon l’agence météorologique.

En première ligne du réchauffement climatique, l’Espagne a connu ces dernières années des vagues de chaleur de plus en plus longues et fréquentes, avec des températures dépassant largement les 40 °C.

Avec AFP