Le Kenya accélère le développement de ses infrastructures numériques tout en cherchant à mieux encadrer le déploiement et la qualité des réseaux. Le pays multiplie parallèlement les initiatives pour attirer des capitaux et des partenaires technologiques étrangers.

Le groupe chinois Guodong envisage d’investir jusqu’à 300 millions de dollars, soit environ 256 millions d’euros, au Kenya au cours des prochaines années. Spécialisé dans les infrastructures de télécommunications, il étudie également la possibilité d’installer dans le pays son siège pour l’Afrique.

Le projet a été évoqué cette semaine à l’issue d’une rencontre entre une délégation de Guodong Group, conduite par son vice-président Kobe Hu, et Abubakar Hassan Abubakar, secrétaire principal au département kényan chargé de la Promotion des investissements.

Les investissements envisagés couvrent plusieurs segments, parmi lesquels les tours de télécommunications, les réseaux de fibre optique, les centres de données, les infrastructures cloud, les villes intelligentes et les technologies numériques vertes.

Dans la foulée de cette annonce, la Konza Technopolis Development Authority, l’agence publique chargée du développement de la ville technologique de Konza, a annoncé la signature d’un protocole d’accord avec Guodong Network Communications Group.

Il prévoit une coopération sur la planification, le financement, la conception, le développement et la maintenance d’infrastructures numériques avancées à Konza Technopolis. Les domaines évoqués comprennent le cloud, l’intelligence artificielle, le calcul haute performance et les solutions de ville intelligente.

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Un marché porté par d’importants besoins en infrastructures

Les ambitions kényanes de Guodong arrivent à un moment où le pays cherche à renforcer les capacités de ses réseaux numériques. Le gouvernement prévoit le déploiement d’environ 100 000 kilomètres de fibre optique dans le cadre de son programme « Digital Superhighway ».

Les autorités ont identifié des besoins dans l’extension de la couverture aux zones encore mal desservies, le développement des réseaux 4G et 5G et l’adaptation des infrastructures à la croissance des usages numériques.

Le Kenya a parallèlement mené plusieurs démarches pour attirer davantage de partenaires étrangers dans son économie numérique. En avril dernier, les autorités avaient organisé à Nairobi une rencontre entre 14 entreprises technologiques thaïlandaises et plus de 50 sociétés kényanes afin d’identifier des possibilités d’investissement, de partenariat technologique et de développement conjoint de solutions. Le gouvernement avait alors indiqué vouloir renforcer ses liens avec la Thaïlande dans les TIC, après d’autres rapprochements engagés avec Singapour, l’Inde et l’Union européenne.

Une éventuelle arrivée de Guodong permettrait donc au Kenya d’ajouter un nouvel acteur étranger à cet écosystème en construction. Mais la portée réelle du projet dépendra de sa concrétisation. Le groupe n’a pas encore indiqué quelle part des 256 millions d’euros sera effectivement engagée, selon quel calendrier, ni quels projets seront lancés en priorité. Il reste également à savoir si le futur siège africain envisagé au Kenya servira principalement à piloter les activités locales ou à coordonner une expansion du groupe sur d’autres marchés du continent.