L’armateur chinois Sea Legend promet jusqu’à 22 jours de mer entre Chine et Europe. Mais la route arctique reste saisonnière, étroite et dépendante de la Russie : elle ne pèse qu’environ 3,5% des flux concernés.

Le 15 août, le porte-conteneurs Dubai Tower a quitté l’est de la Chine en direction de l’Europe par la Route maritime du Nord, le corridor russe de l’Arctique. Sea Legend, armateur contrôlé par des intérêts chinois, annonce huit départs hebdomadaires jusqu’au début octobre. Le temps de transit promis, entre 20 et 22 jours, divise presque par deux le parcours habituel par Suez.

Le raccourci frappe les imaginations au moment où le blocage d’Ormuz et l’insécurité en mer Rouge poussent une partie de la flotte mondiale vers le cap de Bonne-Espérance. Il ne change pourtant pas la géographie du commerce. À peine 3,5 % des flux entre l’Asie de l’Est, l’Europe du Nord et l’Amérique du Nord présentent un profil compatible avec les routes arctiques.

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Ce n’est donc pas la naissance d’un concurrent pour le canal de Suez, mais la recherche, par Pékin, d’une assurance logistique sous souveraineté russe, tandis que les détroits deviennent des actifs géopolitiques aussi exposés que les champs pétroliers ou les câbles sous-marins.

Une ligne chinoise, une vitrine sud-coréenne

Le programme de Sea Legend prévoit huit rotations entre le 15 août et le 3 octobre, avec des navires de taille modeste. Le Dubai Tower transporte 1 740 EVP, l’unité de mesure des conteneurs de vingt pieds. Cette capacité reste loin des mastodontes de plus de 20 000 EVP qui assurent les liaisons Asie-Europe par Suez.

La Corée du Sud observe, puis teste, elle aussi. PanStar doit faire partir le PanStar Acro vers l’Europe pour une traversée estimée à 20 jours. L’opération relève du test industriel autant que du message politique : Séoul cherche à mesurer la robustesse d’un itinéraire dont Pékin et Moscou veulent faire une option crédible.

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