En Allemagne, BYD et XPeng enchaînent les
records de ventes de SUV électriques, dopant les immatriculations
chinoises. Mais derrière les showrooms pleins, des concessionnaires
étranglés par des paiements en retard s’inquiètent de la suite.
EN BREF
En 2026, BYD et XPeng explosent leurs ventes en
Allemagne, où les marques chinoises atteignent 3,8 % des nouvelles
immatriculations selon le KBA.
Les concessionnaires allemands dénoncent de lourds
retards de paiement sur subventions de leasing et bonus, avec des
créances à six chiffres par site.
En coulisses, certains partenaires disent préfinancer la
croissance de BYD et XPeng, une situation qui pourrait peser sur
investissements et ambitions européennes.
Les showrooms allemands des nouvelles marques
chinoises ne désemplissent pas, portés par la mode du SUV
électrique. En Europe, leur percée se voit déjà dans les chiffres,
surtout au Royaume‑Uni et en Allemagne. Au Royaume‑Uni, les
constructeurs chinois dépassent désormais 15 % de
part de marché sur les nouvelles immatriculations. En
Allemagne, leur part atteint 3,8 % au premier semestre 2026, plus
du double d’il y a deux ans. Derrière ce succès rapide se cache
pourtant une zone d’ombre financière, que plusieurs
concessionnaires allemands commencent à
dénoncer.
Les grands gagnants s’appellent surtout BYD et
XPeng, fers de lance des
voitures électriques chinoises en Allemagne. Ils enchaînent les
lancements, ouvrent des points de vente, multiplient les
immatriculations à un rythme à trois chiffres. Mais sur le terrain,
certains partenaires expliquent attendre des sommes importantes
promises par contrat, parfois pendant de longs mois. Un problème
bien concret, car ces paiements couvrent des subventions de
leasing, des bonus trimestriels ou d’autres soutiens commerciaux.
Et là, une question dérangeante apparaît déjà en coulisses : qui
finance vraiment la croissance fulgurante de ces marques ?
Un boom des marques chinoises qui bouscule le marché
allemand
Sur le
marché automobile allemand, la montée des
constructeurs chinois se lit déjà dans les statistiques
officielles. Au premier semestre 2026, leurs marques regroupent 3,8
% des nouvelles immatriculations, contre 1,7 % deux ans plus tôt.
Des groupes comme BYD, MG, Leapmotor ou
XPeng signent des croissances mensuelles parfois
supérieures à 200 %. En juin 2026 en Allemagne, BYD a écoulé plus
de 6 000 voitures et intégré le top 15. XPeng suit la même
trajectoire, avec autour de 900 immatriculations ce mois‑là et une
envolée à trois chiffres.
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BYD et
XPeng gagnent rapidement du terrain en Allemagne, mais des retards
de paiement inquiètent désormais certains partenaires de leurs
réseaux de distribution.
Pour soutenir cette expansion, les groupes chinois s’appuient
sur un réseau de concessionnaires allemands qui
investissent lourdement. Leur modèle économique repose sur une
marge à la vente et sur des primes de volume. S’y ajoutent des
remises usine et des subventions de leasing, normalement réglées
dans des délais relativement courts. Pour BYD et
XPeng, plusieurs partenaires expliquent que ces
flux se bloquent, avec des factures ouvertes pendant des mois. Les
documents comptables des distributeurs font état de créances à six
chiffres, magasin par magasin.
Retards de paiement BYD et XPeng : des concessions allemandes
sous tension
Le cas de XPeng ressort en premier, avec des
concessions allemandes qui décrivent des retards de règlement
importants. L’une d’elles explique devoir attendre plus de six mois
pour toucher des subventions de leasing et des bonus trimestriels.
Des documents comptables internes font apparaître, concession par
concession, des comptes clients de plusieurs centaines de milliers
d’euros en attente. XPeng admet ces retards de
paiement, les rattache à la croissance de ses
immatriculations en Allemagne et à une surcharge administrative. Le
constructeur assure avoir renforcé son équipe commerciale de Munich
et simplifié certains processus internes pour accélérer les
versements.
Chez BYD, les retards de
paiement font aussi grincer des dents, même si la marque
assure revoir ses processus. Le président de l’association des
partenaires allemands évoque des montants impayés d’au moins 100
000 € par concession. Même des factures à quatre chiffres doivent
passer jusqu’à neuf étapes d’approbation, parfois en Chine, ce qui
rallonge les délais. Pour des concessionnaires, cette accumulation
de créances revient à pré‑financer la croissance du constructeur,
au risque de freiner leurs investissements. En Chine, ce sujet a
déjà poussé le gouvernement à imposer un
paiement des fournisseurs en moins de 60 jours.