Publié aujourd’hui à 11h52
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Si certains pays signataires du traité de Rome ont souhaité se retirer de la Cour pénale internationale (CPI) comme le Burundi, le Burkina Faso, le Niger, le Mali ou encore le Tchad, les États-Unis n’y ont jamais adhéré. Cette prise de distance initiale n’empêche pas l’administration Trump de mener une « campagne diplomatique » assumée contre une Cour qu’elle qualifie de « juridiction supranationale corrompue et fatalement politisée ».

Un communiqué du secrétaire d’État américain met de nouveaux bâtons dans les roues de la CPI, qu’il promet de démanteler… Ce 18 août, Marco Rubio a en effet annoncé que la Japonaise Tomoko Akane, présidente de la juridiction internationale basée à La Haye, a interdiction de voyager aux États-Unis. En outre, elle ne peut désormais effectuer ni transaction immobilière ni transaction financière sur le sol américain.

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Si Washington semble se rapprocher de pays africains qui accusent la Cour de viser leurs États de manière disproportionnée, cela n’empêche pas l’administration Trump de sanctionner des ressortissants du continent. Ainsi, le magistrat sénégalais Abdoulaye Seye, actuel substitut du procureur de la CPI, se voit appliquer les mêmes sanctions que la présidente de la Cour, Tomoko Akane.

Dakar solidaire

Le 20 août, le ministère sénégalais des Affaires étrangères a fait part de sa « profonde préoccupation » à l’annonce de ces nouvelles sanctions prises par les autorités américaines contre des responsables de la CPI, et indiqué que le gouvernement exprimait « sa pleine solidarité à Monsieur Abdoulaye Seye, ainsi qu’aux autres responsables et personnels de la Cour visés par ces mesures ».

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Déjà en 2025, le Sénégal avait défendu « son » juge à la CPI, en l’occurrence Mame Mandiaye Niang, le procureur adjoint de la Cour depuis 2021, qui faisait partie des quatre magistrats visés par des sanctions américaines.

Le procureur adjoint Mame Mandiaye Niang à la Cour pénale internationale (CPI).A lire : Face aux pressions américaines, le Sénégal défend son juge à la CPI

C’est manifestement moins la surreprésentation des inculpés africains qui trouble Marco Rubio que le lancement, en 2024, d’un mandat d’arrêt contre Benyamin Netanyahou. Un Premier ministre israélien que les pourfendeurs africains de la juridiction de La Haye appellent pourtant généralement à juger, à la suite de la tragédie de Gaza…

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Si la CPI est fragilisée, trois membres du Conseil de sécurité de l’ONU niant sa compétence (les États-Unis, la Russie et la Chine), d’autres pays s’émeuvent des nouvelles sanctions américaines. Le Japon de Tomoko Akane dénonce des mesures « regrettables », tandis que l’Union européenne soutient « fermement » la présidente d’une Cour qui, elle, évoque une « attaque flagrante contre l’indépendance d’une institution judiciaire impartiale ».

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Damien Glez

Dessinateur et éditorialiste franco-burkinabè.