En Libye, une enquête est ouverte à Tripoli après la mort de Seif al‑Islam Kadhafi. Le fils de l’ancien dirigeant Mouammar Kadhafi a été tué, mardi (03.02.2026), dans l’ouest du pays, par des hommes armés non identifiés. L’annonce a été faite par l’un de ses conseillers. Ce décès ravive les tensions dans un pays toujours plongé dans l’instabilité depuis 2011.

La Libye vit toujours au rythme d’un duel de légitimités.ABDULLAH DOMA/AFP
Deux pouvoirs opposés et un pays durablement fracturé
Il y a quinze ans, la chute de Mouammar Kadhafi devait ouvrir une nouvelle ère pour la Libye. Mais le pays reste l’un des foyers d’instabilité les plus persistants de la bande sahélo‑saharienne.
Depuis, deux exécutifs se disputent le pouvoir : à Tripoli, un gouvernement d’unité nationale reconnu par l’Onu, et à Benghazi, un exécutif dirigé par le maréchal Khalifa Haftar, dont les forces ont étendu leur présence jusqu’au sud du pays.
Deux autorités rivales, deux visions opposées et un blocage politique total, déplore régulièrement l’Onu.
Ce vide profite aux milices qui contrôlent de larges portions du territoire. Le cessez‑le‑feu signé en 2020 tient officiellement, mais les affrontements ponctuels rappellent que la sécurité reste fragile et est largement dictée par des groupes armés locaux.

La persistance du chaos libyen contribue à alimenter les crises du SahelInside the Resistance
Des répercussions régionales majeures
Les conséquences de cette crise sécuritaire ont largement dépassé les frontières libyennes.
En effet, la chute de Mouammar Kadhafi, en 2011, a entraîné l’effondrement d’un système sécuritaire qui jouait un rôle majeur dans le Sahel. Des armes lourdes issues des arsenaux libyens ont circulé vers le Mali, le Niger et l’ensemble de la région.
En 2012, le retour de milliers de combattants touaregs venus de Libye a relancé la rébellion au Mali et provoqué l’effondrement de l’État dans le nord du pays. Une brèche dans laquelle se sont engouffrés des groupes djihadistes, qui ont ensuite prospéré dans toute la bande sahélienne. Une crise dont les répercussions se font encore sentir de nos jours, à travers les insurrections djihadistes, la criminalité transfrontalière et les tensions intercommunautaires. Le chaos libyen continue ainsi d’alimenter, année après année, l’instabilité au Sahel.
La mort de Seif al‑Islam Kadhafi, l’un des fils les plus en vue de l’ancien dirigeant, ajoute aujourd’hui une nouvelle incertitude dans un pays déjà fracturé.