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«Sénégal : Très fortes tensions politiques, le débat, entre le président de l’Assemblée nationale, et du PASTEF, avec le chef de l’État Bassirou Diomaye FAYE, vire au pugilat, autour des fonds politiques, de l’argent passant du statut de Ribba, une consommation illicite, au Hallal, à la bénédiction» par Amadou Bal BA

Jusqu’ici Ousmane SONKO, dans une sorte de monologue, avait la parfaite maîtrise des débats, à travers ses Téra meetings et ses initiatives, en termes de propositions de lois et d’attaques politiques. Sûr de son écrasante majorité parlementaire, de la vente massive des cartes au sein de sa secte, il voulait faire du «napace», de l’intimidation, comme le disent nos amis et parents Ouolofs. L’opération reddition des comptes avait été une tentative avortée de museler l’opposition. Ses propositions de réformes constitutionnelles (Restrictions des pouvoirs présidentiels, au profit du parlement, déclaration de patrimoine du chef de l’Etat, à l’entrée, mais aussi à la sortie), par la voie parlementaire, s’enlisent.

Jusqu’ici, sous Macky SALL, le président du PASTEF alternait la victimisation et à la menace, notamment de «brûler le pays», par un «devoir d’insurrection». Par ailleurs, Ousmane SONKPO avait même émis le projet de faire subir à Macky SALL, le même sort que Samuel DOE, président libérien capturé par les rebelles, torturé, avec des mutilations de ses parties génitales et assassiné le 10 septembre 1990. L’ancien président, Macky SALL, très hésitant, a fini par perdre ce bras de fer, en mars 2024, avec cette troisième alternance. En 2026, et se positionnant pour les présidentielles de 2029, Ousmane SONKO a voulu rééditer cette technique de «Mortal Kombat».  

Cependant, le président Bassirou Diomaye FAYE, que Ousmane SONKO a sous-estimé, méprisé ou voire tenté d’humilier, a créé son parti politique, Kiiraay, et s’est doté d’une armée choc de réplique aux menaces et attaques du PASTEF. Les «guerriers » de cette armée de choc, une équipe offensive, sont notamment, le professeur Mary Teuw NIANE, «Le temps est le plus implacable des juges. Il finit toujours par démasquer l’imposture. L’imposteur ne crée rien : il usurpe. Il emprunte une image, revêt une morale, affiche une vertu, simule la compassion, proclame la droiture, prêche l’honnêteté. Tout est soigneusement mis en scène. Rien n’est profondément vécu. Il ne croit pas aux valeurs qu’il invoque. Elles ne sont pour lui que des instruments de conquête et de domination. Son discours est celui d’un homme de foi, de justice et de sacrifice ; son véritable moteur est ailleurs : le pouvoir. Pourtant, l’imposture porte en elle les germes de sa propre chute. Pourtant, les faits ont une force que la propagande ne peut vaincre éternellement. Un à un, ils fissurent le mur de l’adoration jusqu’à provoquer son effondrement. Alors l’imposteur, prisonnier de ses propres mensonges, tombe sous le poids de ce qu’il prétendait incarner. Son peuple découvre, souvent trop tard, qu’il avait confié son espérance à une illusion» écrit le 9 août 2026, le professeur Mar Tew NIANE.

Le populisme a toujours fait illusion par de beaux discours, mais une pratique politique éloignée de ses actes. Souvenez-vous Ousmane SONKO alors premier ministre disait qu’il y aurait un avant et un après du Tera. Toujours, Ministre de la parole, avec d’incessants effets d’annonce et à chaque fois, comme le projet politique du PASTEF, la montagne accouche d’une souris. L’Afrique est riche, mais ses populations sont pauvres et chaque nouveau gouvernement qui arrive au lieu de travailler engraisse les parasites.

Par conséquent, nous vivons un grand moment de vérité sur cette prétendue alternance dite de rupture qu’on nous avait vendue en 2024. Dans ce pugilat, le camp présidentiel a cessé de subir et lâche désormais, sans retenue, ses coups. Comme ils connaissent bien Ousmane SONKO, dans la bataille pour le leadership, ils auront encore des choses à dire, notamment sa fortune personnelle, la relation avec Adji SARR ou Ndiaga SECK, la prétendue «dette cachée» ou le scandale ASER GATE, les nombreux voyages en jets et leur coût financier, avec peu de résultats.

Dans le débat à l’Assemblée nationale ne figure que la déclaration de revenus à l’entrée et à la sortie du président Bassirou Diomaye FAYE. Le PASTEF suspectant que les fonds spéciaux pourraient être employés par le chef de l’État pour financer sa campagne électorale des présidentielles de 2029. Contre-attaque, du camp présidentiel il faudrait également contrôler, non seulement les fonds spéciaux du premier ministre, notamment quand Ousmane SONKO occupait ce poste mais aussi ceux du président de l’Assemblée nationale.

Mme Aminata TOURÉ dite Mimi, ancienne première et présidente de la coalition Diomaye 2029, devenue un parti, Kiiraay, se lâche et assène des coups, là où ça fait. Elle révèle que Ousmane SONKO, lorsqu’il était premier ministre, avec 1,7 milliard de FCA de fonds spéciaux (2 595 420 €). «Je mettrai en prison, toute personne qui dira que je dispose de fonds spéciaux», avait dit Ousmane SONKO. C’est lui-même qui a fini par avouer qu’il en disposait. «Aucun Premier ministre du Sénégal, n’a jamais eu des fonds de cette nature», dit Mme Aminata TOURé.

Par conséquent, la castagne tourne autour des fonds politiques que Ousmane SONKO semble avoir fait passer du «Ribba», de la consommation illicite, au «Hallal», à ce qui est licite. Le PASTEF, drapé du manteau de l’éthique et de la probité aurait-il un double langage ?
Par ailleurs, Ousmane SONKO voulait utiliser le parlement pour dénaturer en sa faveur les rapports de forces entre le parlement et l’exécutif. Son coup d’Etat constitutionnel semble tomber à l’eau.

Ousmane SONKO a déclaré qu’il va présenter son bilan, quand il était premier ministre du Sénégal. On attend avec grand intérêt ce moment de vérité et de débat contradictoire. A ma connaissance, le PASTEF, en dehors de ses meetings et conférences de presse, n’a pas construit un seul rond-point au Sénégal.

La visite Triomphale et populaire du président Macky SALL un pharaon des temps modernes avait déjà marqué le début de la disgrâce de Ousmane SONKO.

A présent le camp présidentiel, requinqué et en ordre de marche, n’est plus intimidé par le gourou et sa secte, devenu un tigre en papier. Aussi, Kiiraay plante les banderilles et ne laisse plus rien passer sans répliquer.

Il y a des pays, comme la Somalie, le débat se règle à coups de poing, entre le chef de l’État et son premier ministre. Fort heureusement même si les échanges peuvent être parfois rudes ou en dessous de la ceinture au Sénégal, le débat d’idées reste la règle.

En définitive, au Sénégal, le débat s’anime. A suivre. On dit chez les Peuls, quand il y a de l’électricité dans l’air, il faut se gratter les genoux, pour que la confrontation arrive et que la vérité jaillisse. Plusieurs questions surgissent. Quand est-ce qu’ils vont après deux ans de conquête du pouvoir commencer à travailler ? Où est l’opposition dans ce débat ? Comment siffler la fin de cette récréation ?

Dans ce bras de fer sur les propositions de réformes constitutionnelles initiées par le président de l’Assemblée nationale Ousmane SONKO le chef de l’État Bassirou Diomaye FAYE fera appel à un référendum ou à des législatives anticipées ?

Références bibliographiques

BA (Amadou, Bal), «Le président Bassirou Diomaye FAYE, créé son parti, Kiiraay, les Patriotes», Médiapart, 26 juillet 2026 ;

BA (Amadou, Bal) «La révision constitutionnelle d’Ousmane SONKO invalidée par le Conseil constitutionnel», Médiapart, 10 juillet 2026 ;

BA (Amadou, Bal), «Réforme constitutionnelle de Ousmane SONKO, président de l’Assemblée nationale : vers un Etat stalinien PASTEF», Médiapart, 21 juin 2026 ;

BA (Amadou, Bal), «L’ancien président, Macky SALL, un retour triomphal au Sénégal, sonnant comme un camouflet pour le PASTEF», Médiapart, 12 juillet 2026.

Paris, le 22 août 2026, par Amadou Bal BA