Face à la hausse du prix de la viande, le ministre de l’Industrie et du Commerce, Serigne Guèye Diop, a mis en avant le déficit de la production nationale pour expliquer les tensions actuelles sur le marché, à l’occasion d’une visite d’évaluation des marchés de Kaolack en prélude au Gamou.

Selon lui, le Sénégal ne produit pas suffisamment de bovins et de viande pour couvrir ses besoins. À cela s’ajoute le ralentissement des flux de bétail qui approvisionnent habituellement le marché national, en particulier en provenance du Mali. « Le Sénégal ne produit pas assez de bovins ni de viande pour couvrir la consommation locale », a expliqué le ministre, rappelant que les prix restent également soumis à la loi de l’offre et de la demande.

Le ministre a précisé que les difficultés actuelles de circulation entre le Sénégal et le Mali, liées notamment à l’insécurité et aux attaques visant les convois, avaient fortement perturbé l’acheminement des troupeaux maliens vers le Sénégal. « Les troupeaux qui venaient régulièrement au Sénégal ne peuvent malheureusement plus venir comme avant », a-t-il déploré, estimant que cette situation avait entraîné une baisse de l’offre et, par conséquent, une pression accrue sur les prix.

Serigne Guèye Diop a par ailleurs rappelé que la viande n’est pas un produit dont le prix est réglementé par l’État, mais relève de la vente libre. « La seule solution, c’est d’augmenter au Sénégal notre production de viande », a-t-il insisté, saluant les efforts engagés par les ministères de l’Agriculture, de la Souveraineté alimentaire et de l’Élevage pour renforcer la production animale.

Pour Serigne Guèye Diop, la réponse durable passe ainsi par le développement de l’élevage et l’augmentation de la production locale. « Nous dépendons encore de l’importation de centaines de milliers de têtes de bétail, notamment pour la Tabaski. Il est crucial que le Sénégal devienne autosuffisant pour sécuriser son marché et stabiliser les prix », a-t-il souligné.

Cette dépendance aux importations reste particulièrement marquée à l’approche des grandes fêtes religieuses, à l’image de la Tabaski, période durant laquelle le pays doit régulièrement mobiliser plusieurs centaines de milliers de moutons supplémentaires afin de répondre à la demande. Une dynamique de coopération avait notamment été engagée avec la Mauritanie plus tôt dans l’année, dans le cadre d’accords visant à faciliter l’importation de bétail et diversifier les sources d’approvisionnement du marché sénégalais.

Le ministre a indiqué que le gouvernement ambitionne de parvenir, dans les prochaines années, à une production nationale suffisante pour couvrir les besoins du pays, tout en misant sur les effets de l’hivernage en cours pour améliorer progressivement les conditions d’élevage et la disponibilité de la viande sur le marché national.