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«Sénégal : Très fortes tensions politiques. Le débat, entre le président de l’Assemblée nationale, et du PASTEF, avec le chef de l’État Bassirou Diomaye FAYE, vire au pugilat, autour des fonds politiques, de l’argent passant du statut de Ribba, une consommation illicite, au Hallal, à la bénédiction. Le Sénégal est paralysé depuis 2019. Dans cette campagne des présidentielles de 2029, très prématurée, comment siffler la fin de la récréation et remettre ce «Grand petit pays» au travail ?» par Amadou Bal BA

Jusqu’ici Ousmane SONKO, ancien premier ministre, devenu président de l’Assemblée nationale, dans une sorte de monologue, avait la parfaite maîtrise des débats, à travers ses Téra meetings et ses initiatives, en termes de propositions de lois et d’attaques politiques. Sûr de son écrasante majorité parlementaire, de la vente massive des cartes au sein de sa secte, Ousmane SONKO voulait faire du «napace», de l’intimidation, comme le disent nos amis et parents Ouolofs, en direction du président Bassirou Diomaye, son concurrent à la présidentielle de 2029. Dans un premier temps, Ousmane SONKO, quand il était premier ministre, voulait casser l’opposition. En fait, l’opération reddition des comptes a été un échec, tous les mis en cause ont été libérés. Depuis qu’il est président de l’Assemblée nationale, à la suite son limogeage au poste de Premier ministre, désormais la cible d’Ousmane SONKO est devenue Bassirou Diomaye FAYE, son ancien allié au PASTEF, qu’il avait désigné comme le candidat de son parti à la présidentielle victorieuse de mars 2024. Dans ses attaques à peine voilées, Ousmane SONKO a transformé le Parlement comme une arme de guerre contre le président Bassirou Diomaye FAYE. Cependant, ses propositions de réformes constitutionnelles (Restrictions des pouvoirs présidentiels, au profit du parlement, déclaration de patrimoine du chef de l’Etat, à l’entrée, mais aussi à la sortie), par la voie parlementaire, s’enlisent.

Sous Macky SALL, de 2012 à 2024, le président du PASTEF, Ousmane SONKO alternait la victimisation, à la menace, notamment de «brûler le pays», en raison de son «droit de résistance à l’oppression». Par ailleurs, Ousmane SONKPO avait même émis le projet de faire subir à Macky SALL, le même sort que Samuel DOE (1951-1990), président libérien capturé par les rebelles, torturé, avec des mutilations de ses parties génitales, et assassiné le 10 septembre 1990. L’ancien président, Macky SALL, très hésitant, a fini par perdre ce bras de fer, en mars 2024, avec cette troisième alternance. En 2026, et se positionnant déjà pour les présidentielles de 2029, Ousmane SONKO a voulu rééditer cette technique de «Mortal Kombat» contre le président Bassirou Diomaye FAYE accusé de «trahison» et le considère comme peu représentatif sur le plan électoral.  

Cependant, le président Bassirou Diomaye FAYE, que Ousmane SONKO a gravement sous-estimé, méprisé ou voire tenté d’humilier, a créé son parti politique, Kiiraay. Le camp présidentiel s’est doté d’une armée choc de réplique aux menaces et attaques du PASTEF. Les «guerriers » de cette armée de choc, une équipe offensive, sont notamment, le professeur Mary Teuw NIANE, Ministre, Directeur de Cabinet du Président de la République, accusant Ousmane SONKO de populisme et d’être un imposteur. «Le temps est le plus implacable des juges. Il finit toujours par démasquer l’imposture. L’imposteur ne crée rien : il usurpe. Il emprunte une image, revêt une morale, affiche une vertu, simule la compassion, proclame la droiture, prêche l’honnêteté. Tout est soigneusement mis en scène. Rien n’est profondément vécu. Il ne croit pas aux valeurs qu’il invoque. Elles ne sont pour lui que des instruments de conquête et de domination. Son discours est celui d’un homme de foi, de justice et de sacrifice ; son véritable moteur est ailleurs : le pouvoir. Pourtant, l’imposture porte en elle les germes de sa propre chute. Pourtant, les faits ont une force que la propagande ne peut vaincre éternellement. Un à un, ils fissurent le mur de l’adoration jusqu’à provoquer son effondrement. Alors l’imposteur, prisonnier de ses propres mensonges, tombe sous le poids de ce qu’il prétendait incarner. Son peuple découvre, souvent trop tard, qu’il avait confié son espérance à une illusion» écrit le 9 août 2026, le professeur Mar Tew NIANE.

Le populisme, avec une rhétorique à la Sékou TOURé ou à la Thomas SANKARA, a toujours fait illusion, par de beaux discours, mais une pratique politique éloignée de ses actes. Souvenez-vous quand Ousmane SONKO, alors premier ministre, disait qu’il y aurait «un avant et un après» du Tera meeting, et avait menacé les juges et les hauts fonctionnaires. Il avait, publiquement, au cours d’une réunion du PASTEF, son parti, accusé son allié, le président Bassirou Diomaye FAYE, de «manquer d’autorité».  Toujours, ministre de la parole, avec d’incessants effets d’annonce et à chaque fois, comme le projet politique du PASTEF, la montagne accouche d’une souris. L’Afrique est riche, mais ses populations sont pauvres et chaque nouveau gouvernement qui arrive au lieu de travailler engraisse les parasites.

Par conséquent, nous vivons un grand moment de vérité sur cette prétendue alternance dite de rupture qu’on nous avait vendue en mars 2024. Dans ce pugilat, le camp présidentiel a cessé de subir et lâche désormais, sans retenue, ses coups. Comme ils connaissent bien le président du PASTEF, dans la bataille pour le leadership, le camp présidentiel aura, sans doute, encore des choses à dire sur Ousmane SONKO notamment sa fortune personnelle, l’organisation de son insolvabilité à la suite de sa condamnation pour diffamation, un appartement au Canada au nom de son fils, la vraie relation avec Adji SARR ou Ndiaga SECK, la prétendue «dette cachée», une erreur tragique d’Ousmane SONKO ayant plombée l’alternance de mars 2024 dès le départ, ou le scandale ASER GATE, les nombreux voyages en jets et leur coût financier, avec peu de résultats, mais aussi la part de responsabilité du PASTEF, dans les violences de mars 2021. En effet, dans une démarche putschiste du PASTEF, les archives de l’université, comme la télévision de Youssou N’DOUR, ont été brûlées. Beaucoup de jeunes, instrumentalisés et chair à canon au service d’une ambition politique, sont morts, croyant qu’un salon de massage pouvait soigner un mal de dos. On comprend le peu d’empressement du PASTEF à abroger la loi d’amnistie.

Dans le débat à l’Assemblée nationale ne figure que la déclaration de revenus à l’entrée et à la sortie du président Bassirou Diomaye FAYE. Le PASTEF suspecte que les fonds spéciaux pourraient être employés par le chef de l’État pour financer sa campagne électorale des présidentielles de 2029. Contre-attaque, du camp présidentiel il faudrait également contrôler, non seulement les fonds spéciaux du premier ministre, notamment quand Ousmane SONKO occupait ce poste, mais aussi ceux du président de l’Assemblée nationale.

Mme Aminata TOURÉ dite Mimi, ancienne première et présidente de la coalition Diomaye 2029, devenue un parti, Kiiraay, se lâche et assène des coups durs, là où ça fait mal. Mimi révèle que Ousmane SONKO, lorsqu’il était premier ministre, disposait de 1,7 milliard de FCA de fonds spéciaux (2 595 420 €). «Je mettrai en prison, toute personne qui dira que je dispose de fonds spéciaux», avait menacé Ousmane SONKO. C’est lui-même, qui a fini par avouer qu’il en disposait. «Aucun Premier ministre du Sénégal, n’a jamais eu des fonds de cette nature», dit Mme Aminata TOURé.

Par conséquent, la castagne tourne autour des fonds politiques que Ousmane SONKO semble avoir fait passer du «Ribba», de la consommation illicite, au «Hallal», à ce qui est licite. Le PASTEF, drapé du manteau de l’éthique et de la probité pratique un double langage.
Par ailleurs, Ousmane SONKO voulait utiliser le Parlement pour dénaturer, en sa faveur l’équilibre des pouvoirs entre législatif et l’exécutif, vers un régime parlementaire. Dans cette démarche putschiste, son coup d’Etat constitutionnel semble tomber à l’eau.

Ousmane SONKO a déclaré qu’il va présenter son bilan, quand il était premier ministre du Sénégal. On attend avec grand intérêt ce moment de vérité et de débat contradictoire. A ma connaissance, le PASTEF, en dehors de ses meetings et conférences de presse, des menaces ou insultes contre les juges qualifiés de «véreux», n’a pas construit un seul rond-point au Sénégal. Les jeux olympiques de novembre 2026 vont bénéficier d’infrastructures du pharaon des temps modernes, Macky SALL.

La visite triomphale et populaire du président Macky SALL, du 17 juillet 2026, avait déjà marqué le début de la disgrâce de Ousmane SONKO. A présent le camp présidentiel, requinqué, et en ordre de marche, n’est plus intimidé par le gourou et sa secte, devenu un tigre en papier. Aussi, Kiiraay, le parti présidentiel, plante les banderilles et ne laisse plus rien passer sans répliquer.

Il y a des pays, comme la Somalie, le débat se règle à coups de poing, entre le chef de l’État et son premier ministre. Fort heureusement, même si les échanges peuvent être parfois rudes ou en dessous de la ceinture, au Sénégal, le débat d’idées reste la règle.

En définitive, au Sénégal, le débat s’anime. A suivre. On dit chez les Peuls, quand il y a de l’électricité dans l’air, il faudrait se gratter les genoux, pour que la confrontation arrive et que la vérité jaillisse. Plusieurs questions surgissent. Quand est-ce qu’ils vont après deux ans de conquête du pouvoir commencer à travailler ? Où est l’opposition dans ce débat ? Comment siffler la fin de cette récréation ? Quelle place dans le jeu politique au Sénégal, notamment dans la perspective des présidentielles de 2029, si le président Macky SALL n’obtenait pas le poste de Secrétaire général des Nations Unies ?

Pour l’instant l’intelligentsia sénégalaise, comme les partis politiques, semblent être aphones, dans un débat politique confus, parasité par des personnalités sans qualités particulières, parlant pour ne rien dire, et au service uniquement de leur promotion personnelle. J’estime, avec grand regret, que le Sénégal est à l’arrêt depuis 2019, et que cette grave crise politique axée déjà, de façon prématurée sur la présidentielle de 2029, va davantage paralyser le Sénégal, soit 10 ans de perdu.

Comment donc débloquer la situation et remettre le Sénégal au travail, en mettant fin à cette longue et permanente campagne électorale. Il faudrait respecter les échéances électorales. Les Sénégalais décident et le gouvernement élu travaille et présente son bilan à la prochaine échéance électorale. Chaque chose en son temps. Le PASTEF ayant gagné à 54% en mars 2024, devrait appliquer son projet, et pourtant le pays est paralysé, pour des ambitions personnelles.

Dans ce bras de fer, sur les propositions de réformes constitutionnelles initiées par le président de l’Assemblée nationale, Ousmane SONKO, le chef de l’État Bassirou Diomaye FAYE fera appel à un référendum ou à des législatives anticipées ?

Références bibliographiques

BA (Amadou, Bal), «Le président Bassirou Diomaye FAYE, a créé son parti, Kiiraay, les Patriotes», Médiapart, 26 juillet 2026 ;

BA (Amadou, Bal) «La révision constitutionnelle d’Ousmane SONKO invalidée par le Conseil constitutionnel», Médiapart, 10 juillet 2026 ;

BA (Amadou, Bal), «Réforme constitutionnelle de Ousmane SONKO, président de l’Assemblée nationale : vers un Etat stalinien PASTEF», Médiapart, 21 juin 2026 ;

BA (Amadou, Bal), «L’ancien président, Macky SALL, un retour triomphal au Sénégal, sonnant comme un camouflet pour le PASTEF», Médiapart, 12 juillet 2026 ;

BA (Amadou, Bal), «Ousmane SONKO, premier ministre et président du PASTEF, son Téra meeting, une grave crise au sommet de l’Etat», Médiapart, 12 novembre 2025 ;

BA (Amadou, Bal), «Ousmane SONKO, meeting du 8 novembre 2025, menaces de confiscations et purges staliniennes», Médiapart, 8 novembre 2025 ;

BA (Amadou, Bal), «Ousmane SONKO, Ministre de la parole, parle pour annoncer un autre meeting du 8 novembre 2025», Médiapart, 26 octobre 2025.

Paris, le 22 août 2026, par Amadou Bal BA