Dans la nuit de vendredi à samedi, une embarcation transportant quinze personnes migrantes a fait naufrage au large de la Tunisie. L’immigration irrégulière fait encore des morts en Méditerranée.En brefUn bateau transportant 15 personnes migrantes a fait naufrage dans la nuit du 21 au 22 août au large de Zarzis.Douze corps ont été repêchés par la Garde nationale tunisienne.Une personne a été secourue et deux autres restent portées disparues.Les quinze personnes présentes à bord étaient tunisiennes.Selon l’OIM, 821 personnes sont décédées ou ont disparu en Méditerranée centrale entre janvier et avril 2026.

« Les opérations de recherche ont permis de repêcher trois corps hier et neuf aujourd’hui, portant le total à 12 », annonçait, hier (23 août), la Garde nationale tunisienne dans un communiqué.

Les quinze personnes migrantes, qui se trouvaient à bord du bateau ayant fait naufrage dans la nuit du 21 au 22 août, étaient tunisiennes.

C’est au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, qu’a eu lieu ce drame. Selon les autorités tunisiennes, seule une personne a été secourue et deux autres restent portées disparues.

Une route migratoire meurtrière

La route migratoire passant par la Méditerranée centrale reste l’une des plus dangereuses du monde.

Les côtes tunisiennes se situant à, à peine, 145 kilomètres de l’île italienne de Lampedusa, le pays d’Afrique du Nord est un point de départ privilégié pour tenter de rejoindre l’Europe.

Dans un communiqué du 12 août, l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) révélait que, lors des quatre premiers mois de 2026, le nombre de décès de migrants en Méditerranée centrale avait plus que doublé par rapport à la même période en 2025.

Entre janvier et avril 2026, 821 personnes sont décédées ou ont disparu.

Par ailleurs, les arrivées de migrants sur les côtes européennes ont chuté de 46 %, pour culminer à un total de 8 577. Pour autant, « moins d’arrivées ne signifie pas des trajets plus sûrs », rappelait Ugochi Daniels, Directrice générale adjointe de l’OIM.

Accord controversé et lutte contre l’immigration irrégulière

Le 16 juillet 2023, la Tunisie et l’Union européenne signaient un accord de partenariat, dont le volet migration comprenait une approche « globale ».

L’accord prévoyait aussi bien des aspects répressifs de lutte contre l’immigration irrégulière que des financements pour favoriser la formation professionnelle et l’emploi des jeunes Tunisiens.

Cependant, ce texte était très proche de l’accord déjà controversé liant l’UE et la Libye sur la protection des frontières et l’interception des migrants en mer.

L’accord UE-Tunisie était d’autant plus controversé qu’il avait été scellé malgré une période de forte dégradation des droits humains dans le pays, et des attaques visant notamment les migrants subsahariens.

 

Vos questions sur le naufrage au large de la TunisieOù le naufrage a-t-il eu lieu ?

Le naufrage s’est produit au large de Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie, dans la nuit du 21 au 22 août.

Combien de personnes ont perdu la vie dans le naufrage ?

Douze personnes sont mortes. Trois corps ont été repêchés le 23 août et neuf autres le 24 août, selon la Garde nationale tunisienne citée dans l’article.

Combien de personnes se trouvaient à bord ?

Quinze personnes migrantes tunisiennes se trouvaient à bord de l’embarcation. Une personne a été secourue et deux autres restent portées disparues.

Pourquoi la Méditerranée centrale reste-t-elle une route migratoire meurtrière ?

La Méditerranée centrale reste l’une des routes migratoires les plus dangereuses. Selon l’OIM, 821 personnes sont décédées ou ont disparu entre janvier et avril 2026.

Quel accord la Tunisie et l’Union européenne ont-elles signé en 2023 ?

La Tunisie et l’Union européenne ont signé le 16 juillet 2023 un accord de partenariat comprenant un volet consacré à la migration, avec notamment des mesures de lutte contre l’immigration irrégulière et des financements destinés à la formation professionnelle et à l’emploi des jeunes Tunisiens.