En juillet
2026, la part de marché des voitures électriques en Europe franchit
enfin le seuil symbolique d’une voiture neuve sur quatre. Derrière
ce record porté par la France et l’Allemagne se cachent des
fragilités que les chiffres ne montrent pas encore.
Voir 1 voiture neuve sur 4 branchée plutôt que
faire le plein paraît encore étonnant dans beaucoup de concessions.
En juillet, sur le marché européen, les véhicules
électriques à batterie (BEV) ont atteint 25,7 % de
part de marché. Concrètement, plus d’une
immatriculation sur quatre y concerne une voiture 100 % électrique.
Sur ces 16 grands marchés, 224 266 modèles électriques ont été
immatriculés en un seul mois. Un cap symbolique, franchi dans un
contexte de carburants chers et d’aides publiques renforcées.
Depuis le début de l’année, près de 1,5 million de
voitures électriques ont ainsi été enregistrées en Europe.
C’est environ 30 % de plus que sur la même période de 2025, signe
d’une accélération nette. Fin 2025, les voitures
électriques à batterie ne représentaient qu’environ 16 %
des immatriculations dans l’Union européenne. Les autorités
européennes visaient pourtant déjà entre 22 et 25
% pour rester sur la bonne trajectoire climatique. Voir la
part de marché des voitures électriques en Europe
dépasser ce seuil donne une portée aux chiffres de juillet.
Comment l’Europe a fait grimper la part de marché des voitures
électriques au-delà de 25 %
En juillet, les immatriculations de voitures électriques ont
augmenté de 13,6 % par rapport à 2025 sur ces 16
marchés. Ces pays représentent plus de 90 % des ventes de voitures
neuves de l’Union européenne et de l’AELE. Les prix à la pompe,
dopés depuis le début de la
guerre en Iran, ont accéléré cette bascule vers l’électrique.
Selon un sondage réalisé pour un comparateur en ligne, 62
% des personnes interrogées mettent désormais l’électrique
en tête. Pour elles, c’est la meilleure réponse à long terme aux
prix élevés du carburant.
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Les
ventes de voitures électriques accélèrent fortement en Europe,
portées par le prix des carburants, les aides publiques et des
modèles plus abordables.
La poussée de juillet doit beaucoup à la France
et à l’Allemagne, qui concentrent une part
importante des ventes électriques. En France, les voitures 100 %
électriques ont atteint 35 % du marché en juillet,
avec 44 378 immatriculations. Ce record est lié au
leasing social lancé mi‑juillet. Il propose 50 000
véhicules à moins de 200 € par mois pour les ménages modestes. En
Allemagne, les voitures électriques ont atteint 29,3
% du marché en juillet, avec 78 609 immatriculations.
« Les voitures électriques restent l’une des plus grandes
réussites de l’Europe en 2026, et les gouvernements doivent mettre
en place des politiques stables et prévisibles pour continuer à
faire partie de cette croissance », a déclaré Chris Heron,
secrétaire général d’E‑Mobility Europe, cité par Reuters.
Une Europe électrique à deux vitesses et un cap encore
fragile
Au nord et au Benelux, la voiture électrique est presque devenue
la norme. En juillet, sa part de marché atteint 80,1
% au Danemark, 52,6 % en Finlande et 47,3 % aux Pays‑Bas.
Elle grimpe à 42,8 % en Belgique et 42,6 % en Suède, tandis que la
Norvège frôle les 97,6 %. À l’opposé, l’Italie a
vu la part des voitures électriques retomber à 5,9
% en juillet, contre 10,1 % en juin. Ce recul intervient
juste après la fin de ses précédentes aides à l’achat. La
Pologne reste autour de 4 % de
voitures électriques, la République tchèque à 7,5 %.
L’exemple italien montre à quel point ce cap des 25
% reste dépendant des politiques publiques nationales.
Quand les primes disparaissent, une partie des acheteurs retourne
vers le thermique ou l’hybride, et la courbe peut vite s’infléchir.
Plusieurs analystes évoquent aussi un risque de plafonnement lié
aux
bornes de recharge, surtout pour les automobilistes en
immeuble. Sans accélération de ces installations, le passage à
l’électrique pourrait buter sur un plafond de verre. Dans le même
temps, le signal d’un quart du marché déjà électrique reste fort
pour l’industrie et pour les conducteurs.