La SNCF mérite-t-elle sa réputation de mauvaise élève en matière de ponctualité ? Pas sûr, selon l’analyse menée par la start-up technologique ChuuChuu, qui a passé au crible plus de 17,3 millions de trajets ferroviaires réalisés en 2025 en Belgique, en Allemagne, en France, en Italie, aux Pays-Bas, en Autriche et en Suisse. Au total, les retards cumulés sur cette seule année représentent 71,3 millions de minutes, soit l’équivalent de près de 136 années d’attente.
La grande gagnante dans cette course aux retards est… l’Allemagne. Le pays concentre à lui seul près de 67 années de retard cumulé, seuls 58,5 % de ses trains étant arrivés à l’heure en 2025. À l’opposé, la Suisse se distingue par son exceptionnelle ponctualité : 97,8 % des trains y sont arrivés dans les temps. Les chemins de fer helvétiques attribuent d’ailleurs l’essentiel de leurs rares retards aux liaisons transfrontalières, notamment celles en provenance d’Allemagne.
Les trains français à l’heure 80% du temps
Entre ces deux extrêmes, la France se situe dans la moyenne, elle est cinquième du classement, avec 79,7 % de trains ponctuels. L’Hexagone devance nettement l’Italie (62 %) et l’Allemagne. Le podium européen revient, après la Suisse, aux Pays-Bas (93,9 %), à la Belgique (88,6 %) et à l’Autriche (82,2 %).
Plusieurs facteurs expliquent ces écarts de ponctualité. Les trains de nuit sont particulièrement concernés, puisqu’ils partagent les voies avec le trafic de marchandises, prioritaire sur le réseau : les dix trains les plus en retard d’Europe sont tous des trains de nuit. Les épisodes de canicule jouent également un rôle important. Le 1er juillet 2025, une vague de chaleur extrême avait ainsi fait chuter la ponctualité générale à seulement 64,6 % de trains à l’heure.
À l’inverse, la start-up ChuuChuu évoque un véritable « miracle de Noël » pour la journée du 25 décembre 2024, elle aussi intégrée au classement 2025. Ce jour-là, près de 88 % des trains européens sont arrivés à l’heure, avec un retard moyen limité à environ cinq minutes.