Depuis l’envolée des prix de l’essence
liée à la guerre en Iran, les ventes de voitures électriques
s’emballent en Europe. Entre subventions ciblées et modèles à moins
de 25 000 €, une nouvelle équation bouscule le marché
automobile.

Depuis le début de la
guerre en Iran
, la flambée du pétrole renchérit chaque plein en
Europe et pousse les automobilistes à regarder de près les
alternatives à l’essence et au diesel. Selon des données
sectorielles, les ventes de véhicules électriques dans l’Union
européenne ont bondi de 40,5 % au premier semestre par rapport à la
même période de 2025. Plus de 1,2 million de voitures à batterie
ont été immatriculées, soit 20,7 % des ventes neuves, et, en
juillet, les chiffres fournis par New Automotive et l’organisation
E-Mobility Europe montrent que les électriques représentent déjà
25,7 % des nouvelles immatriculations sur 16 grands marchés
européens, qui pèsent plus de 90 % des ventes de l’UE et de l’AELE.
Reste à comprendre ce qui, en quelques mois, a fait décoller les

ventes de voitures électriques
en Europe.

Quand le prix du pétrole fait basculer les automobilistes vers
l’électrique

Depuis le début de la guerre en Iran, les ventes de
véhicules électriques grimpent en Europe alors que la
facture à la pompe explose pour les conducteurs.
Pour Adam Wood, directeur général de Renault UK, le lien avec le

prix du carburant
est évident. « Les gens cherchent des
moyens de se protéger de la volatilité des prix du carburant et les
véhicules électriques sont un excellent moyen d’y parvenir »,
explique-t-il, lors d’une interview accordée à Reuters
dans une concession de la marque à Letchworth, au nord de Londres.
Et d’ajouter : « Nous sommes à un point de bascule où les
véhicules électriques font désormais partie du courant
dominant ».

Deux ans plus tôt, seulement 10 % des ventes de Renault au
Royaume-Uni étaient électriques. En juillet, plus de 50 % des
commandes concernent désormais des modèles à batterie, portés par
la Renault 5, devenue la voiture électrique la plus vendue du
pays.

Le différentiel de
coût d’usage
joue aussi un rôle clé. Charlotte Merrell, 32 ans,
vient d’acheter une Renault Mégane électrique, son premier véhicule
à batterie. Elle explique qu’une recharge à domicile lui coûte un
peu plus d’1 £, contre 60 £ pour le plein de son ancienne voiture
thermique. L’achat d’un véhicule électrique a été « la meilleure
décision que j’aie jamais prise », affirme-t-elle, convaincue
qu’ »il n’y a aucune chance que je revienne en
arrière ».

La demande s’observe aussi en ligne. La plateforme de petites
annonces OLX indique que, depuis le début de la guerre en Iran, les
demandes d’information sur les véhicules électriques ont bondi de
84 % en France et 59 % en Roumanie, et progressent
de 30 % au Portugal et 19 % en Pologne. « Les gens deviennent
beaucoup plus confiants vis-à-vis de cette nouvelle
technologie », constate ainsi Christian Gisy,
directeur général d’OLX. Un sondage réalisé fin juillet par le site
Carwow auprès de 1 000 utilisateurs va dans le même sens : 62 % des
répondants estiment que passer à l’électrique est la meilleure
réponse à la hausse durable des carburants.

Subventions et modèles abordables, l’autre moteur des
ventes

Et puis il y a le coup de pouce des États. Selon l’Agence
internationale de l’énergie (AIE), les subventions à
l’achat de voitures électriques en Europe ont dépassé 11
milliards de dollars en 2025, soit un peu plus de 10 milliards
d’euros, en forte hausse par rapport à 2024. Beaucoup de pays ont
recentré leurs aides sur les ménages modestes et les véhicules les
moins chers. La France est un cas d’école : sur les sept premiers
mois de l’année, 29 % des voitures neuves vendues y sont
électriques, et en juillet les électriques ont atteint un
record de 35 % des immatriculations, contre 17 %
un an plus tôt, d’après la Plateforme automobile (PFA).

Ce bond arrive au moment où le dispositif de « leasing
social
 » pour les ménages à revenus modestes, qui permet de
louer une voiture électrique pour un loyer mensuel réduit, est
pleinement monté en puissance. Selon Marie-Laure
Nivot, responsable de l’analyse marché automobile chez AAA
DATA, ce programme « crée un environnement qui accélère la
transition » vers l’électrique.

Les constructeurs ont, de leur côté, fait entrer sur le marché
une nouvelle vague de modèles électriques
abordables, souvent proposés à moins de 25 000 €. Renault
pousse sa stratégie avec la Renault 5 et, d’ici la fin de l’année,
la Twingo. D’autres marques européennes et des groupes chinois
comme MG ou SAIC occupent aussi ce créneau des compactes à prix
serré, ce qui tire les tarifs vers le bas dans plusieurs pays.
Résultat : en 2025, près de 1,89 million de voitures particulières
100 % électriques ont été immatriculées dans l’UE, en hausse de
près de 30 % sur un an, selon Eurostat, avec des champions comme le
Danemark, où la part de l’électrique approche 80 %, tandis que
l’Espagne, l’Italie ou la Pologne restent encore sous les 10 %.

Un frein majeur subsiste pourtant pour une partie des Européens.
A savoir ceux qui vivent en appartement sans place de parking
privée. Le problème réside dans manque de
bornes de recharge publiques
. « Nous pourrions être proches
d’un point de saturation parce qu’il y a des gens qui voudraient
passer à l’électrique, mais qui ne le peuvent pas », prévient
Ian Henry, du cabinet AutoAnalysis. Entre
volatilité des prix du pétrole, évolution des aides publiques et
déploiement des infrastructures, la trajectoire du marché
électrique européen se jouera aussi sur ces prochaines
décisions.