Le président nigérian Bola Tinubu
a ordonné mardi à l’armée et aux autres forces de sécurité de
lancer une opération de sauvetage immédiate après que des
dizaines de personnes ont été enlevées par des hommes armés dans
le centre-nord de l’État du Niger la semaine dernière.

Un groupe armé a publié une vidéo sur Facebook et WhatsApp
montrant, selon les habitants, environ 600 femmes, enfants et
personnes âgées enlevés lors d’une attaque contre une mosquée
dans cet État.

Reuters n’a pas pu vérifier ce chiffre de manière
indépendante, mais s’il était confirmé, cet enlèvement
figurerait parmi les plus importants commis au Nigeria ces
dernières années.

Une responsable du district de Borgu, où l’attaque a eu
lieu, a déclaré que 30 personnes avaient été tuées lors de
l’attaque et avaient été enterrées dimanche.

Cette responsable, qui a souhaité rester anonyme car elle
n’était pas autorisée à s’exprimer auprès des médias, a précisé
que des villageois des communautés de Dakera, Gidan-Zana et
Sabon Gida avaient été touchés.

« NOUS DÉFENDRONS NOTRE PEUPLE »

Dans ses premiers commentaires publics sur l’incident, la
présidence a qualifié cette attaque de lâche et a promis que les
responsables seraient traduits en justice.

« La terreur ne fera pas plier le Nigeria. Nous défendrons
notre peuple, protégerons nos communautés et préserverons le
caractère sacré de la vie humaine », a déclaré le président Bola
Tinubu dans un communiqué.

Le président a ordonné aux responsables de la sécurité de
fournir des informations sur les efforts déployés pour secourir
les personnes enlevées et de dresser la liste de toutes celles
qui ont été emmenées.

Abubakar Umar, chef traditionnel de la communauté de Dakera,
a indiqué qu’au moins 2.000 personnes avaient fui vers la
République du Bénin voisine à la suite de l’attaque.

Les enlèvements de masse en vue d’obtenir une rançon sont
devenus courants dans certaines régions du nord-ouest et du
centre-nord du Nigeria, où des gangs criminels lourdement armés
mènent fréquemment des raids contre des villages, des écoles et
des axes routiers.

Ces groupes retiennent souvent leurs otages pendant des
semaines, voire des mois, tout en exigeant d’importantes
rançons, et ont progressivement étendu leurs opérations au-delà
de leurs bastions traditionnels dans le nord.

(Reportage de MacDonald Dzirutwe à Lagos, Ahmed Kingimi à
Maiduguri et Hamza Ibrahim à Kano; Version française Matthieu
Huchet, édité par Benoit Van Overstraeten)