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Alors que l’OTAN tente de renforcer la cohésion européenne face à la menace russe et au désengagement américain, la prochaine présidentielle française fait naître de nouvelles inquiétudes au sein de l’Alliance. Une victoire de Marine Le Pen ou de Jean-Luc Mélenchon, tous deux favorables à un éloignement de l’organisation, pourrait profondément rebattre les cartes de la sécurité européenne.
L’élection présidentielle française inquiète l’OTAN. Après avoir survécu à la tempête Trump, l’organisation craint désormais de voir un candidat hostile au traité transatlantique arriver au pouvoir dans l’Hexagone. Actuellement en tête des sondages, Marine Le Pen et Jean-Luc Mélenchon ont tous deux pris le parti d’un éloignement ou d’une sortie de l’Organisation du Traité de l’Atlantique Nord.
L’OTAN déjà confrontée aux retraits américains en Europe
Le timing ne pourrait pas être plus mauvais pour l’Alliance, au moment où les Etats-Unis ont déjà commencé à réduire leurs effectifs militaires en Europe, et alors que la menace d’une nouvelle attaque russe sur le continent est constamment dans les esprits.
« Avec une présence américaine réduite, ce qu’il ne faut surtout pas, c’est qu’un grand pays européen prenne ses distances par rapport à l’alliance, en particulier à un moment où l’objectif est précisément que les Européens, y compris la France bien sûr, assument davantage de responsabilités », estime Jamie Shea, chercheur au sein du groupe de réflexion Friends of Europe et ancien porte-parole de l’OTAN, dans les colonnes de Politico.
Une France marginalisée
Alors que l’Alliance estime avoir géré les imprévisibilités de Donald Trump, la possibilité de voir Marine Le Pen prendre les rênes d’un État membre doté de l’arme nucléaire est source d’inquiétudes, rapporte le journal britannique The New World. En effet, la candidate du RN, loin en tête des sondages, a répété sa promesse de retirer la France du commandement militaire intégré de l’OTAN, ce qui équivaudrait à un retrait puisque le pays « n’aurait plus accès aux renseignements, ne participerait plus aux prises de décisions. Il deviendrait un allié de troisième zone », explique Guillaume Ancel, ancien officier et chroniqueur de guerre interrogé par La Dépêche du Midi : « La France serait marginalisée au sein de l’Alliance. »
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Selon l’ancien ambassadeur français auprès de l’OTAN Camille Grand, interrogé par The New World, cette mesure priverait Paris d’un pôle clé comme le Commandement allié Transformation et entraînerait une importante perte d’influence au sein de l’institution. L’ex-diplomate souligne également que le départ tricolore laisserait un vide majeur sur le flanc oriental de l’Alliance, de l’Estonie à la Roumanie.
La cohésion européenne affaiblie
Outre ces impacts militaires, une attitude française distante pourrait affaiblir la cohésion européenne concernant le soutien à l’Ukraine et inciter Washington à s’éloigner davantage du pacte de sécurité internationale.
Pour des observateurs interrogés par The New World, un désengagement de Paris porterait atteinte à « la volonté politique d’agir concrètement », consolidée par les membres depuis l’invasion de l’Ukraine. « Les deux nations leader en Europe qui ont redoublé d’efforts pour l’Ukraine, par exemple en lançant la coalition des volontaires quand les Etats-Unis se sont retirés, sont la France et le Royaume-Uni. La France s’est investie moralement et a joué un rôle clé dans l’organisation du soutien européen à l’Ukraine », souligne Guillaume Ancel. Si demain nous avons un dirigeant français qui estime que ces sujets ne sont pas la priorité des Français, ça serait une catastrophe pour la résistance ukrainienne. J’irai même plus loin, c’est la défense de toute l’Europe qui serait déstabilisée. Ça serait réaliser les rêves les plus fous de Vladimir Poutine qui a toujours lutté contre les alliances pouvant contrarier sa volonté de puissance ! »
Certains au sein de l’OTAN craindraient par ailleurs une proximité de certains responsables, au RN comme chez LFI, avec Moscou. Alors que l’OTAN « partage l’essentiel de son renseignement », ces « liens ambigus » pourraient amener la France à ne plus être « considérée comme un ami fiable au sein de l’alliance militaire », à l’image de la Hongrie de Viktor Orban il y a peu.
« Perdre la puissance du collectif »
De son côté, Jean-Luc Mélenchon a plaidé en juin dernier pour une sortie de la France du traité transatlantique et pour l’adoption d’une position de « non-alignement coopératif » passant par une « coopération renforcée » avec la Chine. Une position difficilement compréhensible pour Guillaume Ancel : « La Chine ne souhaite pas avoir de coopération militaire de ce genre. Aujourd’hui, en dehors des pressions qu’elle exerce sur Taïwan, elle se garde bien de mener des actions guerrières. Ces dernières décennies, elle n’a d’ailleurs jamais déclenché de conflit. »
Le leader Insoumis ne s’est, en revanche, pas opposé au maintien d’accords de défense avec les pays de l’Union européenne. Une solution qui, là encore, ne fait « aucun sens » selon Guillaume Ancel. « Si nous ne sommes pas dans une organisation multilatérale, nous perdons la puissance du collectif. Exemple très simple, sur les équipements les plus coûteux, comme les AWACS : les pays de l’OTAN font flotte commune, ce qui nous permet de disposer de certains armements que nous ne pourrions pas financer seuls. En réalité, ça serait sortir des alliances qui nous rendent collectivement plus forts. « , décrypte-t-il.
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« Nous espérons que la France comprend les avantages à long terme d’une OTAN forte et que cela [implique] également que la France soit pleinement intégrée dans les structures de l’OTAN », a déclaré le ministre finlandais de la Défense, Antti Häkkänen, auprès de Politico. « Nous espérons donc qu’en matière de politique de défense, elle maintiendra une ligne politique ferme », a-t-il conclu.