L’accès aux infrastructures numériques conditionne de plus en plus la participation des populations à l’économie numérique. En Côte d’Ivoire, l’extension d’une couverture réseau dans les zones rurales ouvre la voie à de nouveaux usages, notamment dans les paiements et les services en ligne.

La Côte d’Ivoire poursuit le Programme national de connectivité rurale (PNCR)  de 38 milliards FCFA (environ 68 millions $) destiné à connecter 575 localités à travers le pays. Dans un communiqué publié le lundi 24 août, le gouvernement a mis en avant les avancées de cette initiative, qui vise à rapprocher les populations des services numériques et à réduire les disparités d’accès entre les territoires.

Le programme repose sur le déploiement de sites radioélectriques afin de donner accès au réseau mobile et à Internet dans des zones où l’éloignement et le coût des infrastructures limitent les investissements des opérateurs. La première phase (10 milliards FCFA), achevée en 2024, a permis la construction de 160 sites dans 175 localités, au bénéfice d’environ 221 267 habitants.

Quand la couverture réseau ouvre l’accès à de nouveaux services 

Au-delà de la possibilité de téléphoner ou de se connecter à Internet, l’arrivée du réseau modifie progressivement l’accès aux services dans certaines localités. À Zandanakaha (Ouangolodougou), l’installation d’une antenne en février 2025 a notamment favorisé le développement d’activités de mobile money. Les habitants peuvent désormais effectuer des dépôts, des retraits et des transferts sans parcourir plusieurs kilomètres vers une autre localité.

À Kotolo (Dabakala), la mise en service d’un site radioélectrique en janvier 2025 a également permis aux populations d’accéder aux communications mobiles et aux appels vidéo. Ces exemples illustrent l’un des objectifs du programme : faire de la couverture numérique une infrastructure facilitant l’accès à de nouveaux services, au-delà de la seule téléphonie.

La deuxième phase du PNCR mobilise 18 milliards FCFA pour étendre la connectivité à 240 localités supplémentaires. Une troisième phase, évaluée à 10 milliards FCFA, concerne 160 autres localités.

Réduire les écarts de connectivité entre les territoires 

Le programme s’inscrit dans une stratégie plus large de développement des infrastructures numériques. Le gouvernement rappelle que la Côte d’Ivoire disposait de 5207 km de réseau national haut débit, tandis que la couverture 4G atteignait 65 % du territoire en 2024. Dans le cadre du Plan national de développement 2026‑2030, les autorités visent une couverture 4G de 100 % du territoire et souhaitent porter la part de la population utilisant Internet de 40,7 % à 60 % d’ici 2030.

La poursuite du programme de connectivité rurale répond ainsi à un double objectif : étendre les infrastructures dans les zones encore insuffisamment desservies et permettre aux populations concernées d’accéder aux usages qui se développent autour du mobile et d’Internet. Paiements numériques, accès à l’information, services publics en ligne et activités économiques numériques dépendent de plus en plus de la disponibilité du réseau.

Samira Njoya

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