L’opérateur télécom sud-africain MTN Group explore l’obtention de licences bancaires sur une sélection de marchés africains. L’ambition, déclarée ce mardi 25 août par son directeur général Ralph Mupita lors d’une rencontre avec la presse, vise à sortir du modèle actuel de prêt intermédié pour utiliser directement son propre bilan, collecter des dépôts et renforcer la position du groupe sur le marché du crédit, jusque-là dominé par les banques partenaires.

« Nous commençons à étudier, là où cela est pertinent et où il existe une large clientèle et des liquidités importantes, s’il serait judicieux d’obtenir une sorte de licence bancaire qui nous permette de recevoir des dépôts », a déclaré M. Mupita. Et d’ajouter : « par conséquent, nous accorderons des prêts au fil du temps à partir de notre propre bilan. Mais cela ne signifie pas non plus que nous n’accorderons plus aucun prêt en partenariat. »

À noter qu’au Nigeria, le groupe a déjà obtenu sa licence de banque de service de paiement (Payment Service Bank) en 2022. Les filiales du Ghana et de l’Ouganda ont procédé pour leur part à la séparation structurelle de leur activité fintech en 2026.

Jusqu’ici, le crédit distribué via l’écosystème MoMo (Mobile Money) est financé par des banques et institutions financières partenaires, MTN jouant un rôle d’interface avec ses quelque 300 millions de clients.

Un marché de 65 milliards de dollars d’ici 2030 face à une concurrence accrue

L’intérêt de MTN pour le crédit s’inscrit dans une dynamique plus large. Selon les projections citées par plusieurs cabinets d’études, le marché africain des services financiers numériques devrait générer quelque 65 milliards de dollars de revenus annuels d’ici 2030, soit l’un des plus forts multiplicateurs de croissance attendus sur le continent.

Le groupe panafricain entre ainsi en concurrence plus frontale avec d’autres acteurs télécom-financiers : Airtel Africa (Money), dont l’écosystème dépasse 30 millions d’utilisateurs actifs mensuels sur le continent africain, Safaricom (M-Pesa), Vodacom et plusieurs néobanques panafricaines notamment dans les pays anglo-saxons.