Alors que les réservoirs éthiopiens sur le Nil Bleu se remplissent, en Égypte, tout en aval, 110 millions d’Égyptiens vivent sur une bande de terre « presque entièrement aride » après « la diminution du débit des rivières » issues du Nil, constate le magazine d’information géopolitique espagnol Atalayar. Pour l’Égypte, le débit des eaux de ce fleuve est plus que jamais une question majeure de sécurité hydrique.

Depuis l’inauguration en Éthiopie du plus grand barrage d’Afrique, le grand barrage de la Renaissance éthiopienne (Gerd), qui retient à lui seul près de 74 millions de mètres cubes d’eau directement issue du Nil Bleu, l’inquiétude de l’Égypte s’est accrue alors que les discussions pour un accord de partage des ressources des eaux du Nil avec les pays riverains sont au point mort depuis avril 2021.

Les frictions égypto-éthiopiennes, déjà vives depuis septembre 2025 et l’inauguration du Gerd, ont atteint leur « phase la plus dangereuse » depuis l’annonce par le gouvernement d’Abiy Ahmed de sa volonté de lancer la construction de trois barrages supplémentaires en amont de l’Égypte.

Pourquoi l’Éthiopie veut-elle se doter de nouveaux barrages ?

En mars, le ministère de l’Eau et de l’Énergie éthiopien a annoncé trois projets de barrages – Karadobi (1 600 MW), Mandaya (2 000 MW) et Beko Abo (2 100 MW) – s’inscrivant dans un vaste programme de développement hydroélectrique du Nil Bleu.

Cette idée n’est pas nouvelle. Depuis des décennies, l’Éthiopie cherche à multiplier ses capacités de production d’électricité pour soutenir sa croissance économique et son indépendance énergétique. Pour ce pays enclavé, privé de l’accès à la mer Rouge, le Nil Bleu est une source d’énergie non négligeable pour des millions de personnes qui, « historiquement », n’ont jamais eu accès à une électricité fiable, rappelle la chaîne panarabe Al-Jazeera.

Avec ces trois nouveaux barrages, qui fonctionneront de concert avec le Gerd, l’approvisionnement en électricité de l’Éthiopie pourrait s’accroître « de 25 % », précise le média égyptien Mada Masr. « La capacité combinée de 5 700 MW de ces trois barrages devrait renforcer l’approvisionnement national en électricité de l’Éthiopie et permettre au pays d’atteindre son objectif pour 2030, qui vise à faire de l’Éthiopie la ‘banque d’énergie de l’Afrique’. »

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