La « chicote diplomatique » en pleine figure
Il y avait donc quelque chose de symbolique dans cette scène de Ngoumba Guéoul : à quelques heures du Mawlid, dans un lieu où les responsables politiques viennent traditionnellement rechercher prières, bénédictions et écoute, un guide religieux décide de rappeler publiquement que cette relation ne peut fonctionner à sens unique.
La « chicote diplomatique », pour reprendre une formule imagée, n’a pas été brandie contre un homme en particulier. Elle semble plutôt avoir été dirigée contre une manière de faire de la politique : celle qui se souvient des guides religieux lorsqu’elle cherche le pouvoir et les oublie lorsqu’elle l’a obtenu.
Le message de Chérif Chaya est donc limpide : les familles religieuses ne veulent plus être considérées comme faciles à séduire, à instrumentaliser ou à berner.
Reste désormais à savoir si cette prise de parole restera un coup de tonnerre dans le ciel de Ngoumba Guéoul ou si elle contribuera à ouvrir une réflexion plus large sur les rapports entre le pouvoir politique et les autorités religieuses.
À l’heure où les responsables politiques cherchent plus que jamais à consolider leurs ancrages auprès des différentes communautés religieuses, la sortie de Chérif Chaya constitue, à tout le moins, un sérieux rappel à l’ordre : la bénédiction ne se décrète pas, la confiance ne s’achète pas et le respect ne saurait être à géométrie variable.