Serge Parisot, 72 ans, est un pitaud, mot qui désignait autrefois un enfant confié à l’assistance publique, qui on peut le dire a vu du pays et mène une existence atypique, partagée entre le Sénégal et Requeil, la commune sarthoise où il s’est établi.
Né en 1954, Serge est confié, à l’âge de 2 ans, à Auguste et Lucie, près de Nevers. Je peux dire que j’ai été orphelin une seconde fois, puisqu’ils sont décédés lorsque j’avais 16 ans. Cette période a été très difficile, j’ai été trois ans de famille en famille », se souvient-il. En vacances en 1973 au Sénégal, Serge va tomber amoureux, de Marème, qui deviendra son épouse. En même temps il s’attache au Sénégal. Le couple a un enfant, Étienne, qui habite Saint-Ouen-en-Belin et deux petits-enfants.
En 1974, Serge a 20 ans et s’engage alors dans les troupes de marine, au 3e Rima de Vannes, et dès lors accomplira des missions en Côte d’Ivoire, Haute Volta, Libéria, Centre Afrique, Cameroun, Mali, Mauritanie, Liban et Moyen Orient, finissant sa carrière en 1989 d’un séjour de deux ans au Sénégal.
C’est une carrière d’agent de sécurité à Arnage et au Mans qui va durer 23 ans qui l’amène en Sarthe, où il s’établit à Requeil. Je ne peux pas rester sans rien faire. J’ai fait des semis marathons. J’ai été ici porte-drapeau, et bénévole dans plusieurs associations, dont les Restos du cœur. Je m’adonne aussi à la pêche et je suis de très près les clubs de basket et de foot du Mans. Je participe en ce moment à la confection en équipe du char de Requeil du comice d’Yvré-le-Pôlin les 19 et 20 septembre. Le char représentera un menhir ».
Serge a un double cœur, ici et là-bas. Je séjourne six mois de l’année, de novembre à mai au Sénégal. J’ai fait plusieurs campagnes de collecte de matériels scolaires, plusieurs actions humanitaires. Je participe aussi aux associations sénégalaises d’anciens combattants ». Vers le 20 novembre, Serge va repartir chez lui avec dans ses bagages, une quarantaine de kilos de fournitures scolaires, ballons et maillots de foot. Au Sénégal, j’y trouve mon vrai bonheur, et surtout l’amour et l’estime d’une population si accueillante. L’hospitalité,la teranga comme on dit au Sénégal, c’est sacré », conclut Serge.