Le Président angolais, João Manuel Gonçalves Lourenço, salue une nouvelle étape dans la concrétisation du Corridor de Lobito, qu’il considère comme un projet dépassant largement les intérêts de l’Angola et de la République démocratique du Congo (RDC). À Kinshasa, à l’issue de ses échanges avec son homologue congolais Félix-Antoine Tshisekedi, le chef de l’État angolais a également insisté sur le nouvel élan donné aux relations économiques entre les deux pays depuis l’arrivée de son homologue à la tête de la RDC.

Revenant sur la signature des contrats liés au développement du Corridor de Lobito, notamment le contrat de concession et la convention de collaboration entre la RDC et MOTA-ENGIL ENGENHARIA E CONSTRUÇÃO AFRICA, S.A., João Lourenço a souligné la dimension régionale et internationale de cette infrastructure stratégique. Cet accord porte sur le financement, la réhabilitation, la modernisation, l’exploitation, la maintenance et le transfert de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, longue de 1 004,5 kilomètres.

« Le Corridor de Lobito n’appartient pas à l’Angola, ni à la République démocratique du Congo. Le Corridor de Lobito est un projet transnational qui porte des bénéfices dans tous les pays du continent, mais aussi pour l’économie mondiale », a déclaré le Président angolais mercredi 26 août 2026 à Kinshasa, à l’occasion de sa visite de travail.

Selon João Lourenço, les discussions autour de ce projet avaient débuté il y a environ deux ans. La signature intervenue à Kinshasa constitue, à ses yeux, une avancée majeure permettant de donner une nouvelle dynamique à la réalisation de l’ensemble des infrastructures associées au corridor.

Pour le chef de l’État angolais, la conclusion de ces engagements devrait désormais permettre au Corridor de Lobito de franchir une étape décisive dans sa mise en œuvre.

« Nos discussions sur ce projet ont débuté il y a deux ans de cela et ces discussions étaient, en effet, freinées par la signature à laquelle nous venons d’assister aujourd’hui de ce grand projet, qui est pratiquement amené par le chemin de fer de Lobito et qui fait partie de l’ensemble des projets liés au grand Corridor de Lobito. Nous croyons fermement qu’avec la signature des contrats à laquelle nous venons d’assister, le Corridor de Lobito sera maintenant viabilisé dans toute son extension », a affirmé João Lourenço.

Au-delà du Corridor de Lobito, João Lourenço a également mis en avant l’évolution des relations entre Luanda et Kinshasa. Le Président angolais a indiqué avoir profité de son séjour dans la capitale congolaise pour faire le point sur l’état de la coopération et de l’amitié entre les deux pays. Les deux pays entretiennent, selon lui, des liens historiques et humains particulièrement importants, renforcés par une frontière commune de plus de 2 500 kilomètres.

« Nous avons profité de notre séjour à Kinshasa pour faire le point de l’état de coopération et d’amitié existante entre l’Angola et la République démocratique du Congo. Nous avons des relations historiques, d’une certaine manière même des relations de consanguinité entre nos peuples, mais jusqu’à relativement peu de temps, nous n’étions pas en mesure de dire beaucoup plus que cela. Ce qui n’était pas normal, si nous prenons en compte le fait que nos pays partagent plus de 2 500 kilomètres de frontières communes », a-t-il relevé.

Cette situation, a poursuivi João Lourenço, apparaissait paradoxale au regard de la proximité géographique et historique entre les deux États. Il estime que les gouvernements successifs n’avaient pas suffisamment exploité le potentiel de cette proximité pour développer une coopération économique à la hauteur des intérêts communs.

Pour le Président angolais, les difficultés rencontrées dans le développement de cette coopération relevaient essentiellement de la volonté politique des dirigeants des deux pays. Il a ainsi reconnu le rôle joué par Félix Tshisekedi dans le rapprochement économique entre Kinshasa et Luanda.

« Il était donc normal que nous nous demandions ce qui n’allait pas entre nous, pourquoi nous n’avions pas réussi à avancer dans la coopération économique qui, en général, existe entre les pays voisins. La réponse est que tout dépendait seulement de nous, les hommes, surtout des gouvernants des deux pays »,  a-t-il estimé.

João Lourenço a ensuite adressé des félicitations à son homologue congolais pour l’impulsion donnée aux relations économiques bilatérales.

« Je le disais il y a peu à Son Excellence Monsieur le Président Félix Tshisekedi : je le félicite d’être le Président qui a réussi à mettre en marche la relation économique entre les deux pays », a-t-il déclaré.

Dans une formule imagée, le Président angolais a conclu : « Comme on le dit dans notre jargon populaire, vous avez réussi à mettre en marche cette coopération. »

À travers le Corridor de Lobito et les différents projets structurants engagés entre les deux pays, Kinshasa et Luanda entendent ainsi transformer leurs relations historiques en une coopération économique plus concrète, fondée notamment sur les infrastructures, l’énergie, les transports, les investissements et les échanges commerciaux.

Cette activité s’inscrit dans le prolongement d’une série de décisions prises par le Gouvernement de la République démocratique du Congo pour accélérer la concrétisation du Corridor de Lobito, considéré comme un projet stratégique pour le développement des infrastructures et l’intégration économique régionale.

C’est dans ce contexte que le Gouvernement de la République démocratique du Congo a approuvé un partenariat public-privé avec Mota-Engil Africa pour la réhabilitation, la modernisation et l’exploitation de la ligne ferroviaire Dilolo-Sakania, longue de 1 004,5 kilomètres et évaluée à 1,258 milliard de dollars américains.

Approuvé lors des 94ᵉ et 95ᵉ réunions du Conseil des ministres, ce projet s’inscrit dans la stratégie du Gouvernement visant à moderniser les infrastructures de transport et à renforcer les partenariats économiques stratégiques de la RDC. Il intervient également dans un contexte marqué par l’approfondissement des relations entre Kinshasa et ses partenaires internationaux, notamment les États-Unis, avec lesquels plusieurs accords économiques et sécuritaires ont été conclus en décembre 2025.

Clément MUAMBA