Ces fragments avaient été acquis par le musée auprès d’un antiquaire égyptien en 1911. Leur conservation pendant plus de 1 600 ans dans les conditions particulièrement sèches de l’Égypte a permis de préserver des morceaux d’un texte romain inédit comme le soulignent les scientifiques auprès de Phys.org.
Un petit manuel de droit romain destiné aux fonctionnaires
D’après les travaux du chercheur, cette page appartiendrait à un court recueil de lois impériales datant de la fin du IVe siècle. Le document aurait notamment pu être utilisé par des fonctionnaires, des propriétaires terriens ou encore des juristes ayant besoin de consulter rapidement certaines règles. Contrairement aux grands codes juridiques romains connus, ce livre serait en effet beaucoup plus petit.
« J’imagine plutôt un livre que des fonctionnaires itinérants pouvaient glisser dans leur poche », détaille Matthijs Wibier à Phys.org. Les textes retrouvés donnent des détails sur l’entretien des routes, les impôts, l’approvisionnement en céréales et l’utilisation des bâtiments publics.
Certaines règles semblent imposer aux citoyens les plus fortunés de participer à l’entretien des infrastructures ou à l’approvisionnement alimentaire, tandis qu’une autre interdit de considérer les bâtiments publics comme des propriétés privées.
Comment le chercheur est-il parvenu à déchiffrer le parchemin ?
Pour lire le texte en latin, Matthijs Wibier a notamment utilisé la lumière ultraviolette, permettant de faire ressortir des traces d’encre devenues presque invisibles.
Il a également étudié la texture de la peau et les marques présentes sur les deux faces afin de déterminer comment la page était organisée dans le livre original. Si cette découverte est aussi intéressante, c’est parce que le texte ne correspond à aucun des codes juridiques impériaux.
« Ce qui rend cette découverte particulièrement remarquable, c’est que, contrairement à la quasi-totalité des autres fragments de livres de droit romain, ce texte ne correspond à aucun code juridique impérial connu », a déclaré Daniel Markovich, directeur du département d’études classiques de l’Université de Cincinnati.
La reconstitution de ce document permet ainsi d’en apprendre plus sur le fonctionnement de l’État et la vie quotidienne dans l’Empire romain durant le règne de Constance II et Julien, entre 337 et 363. Et ce, même si les chercheurs ignorent par ailleurs à quel ouvrage il appartenait.
Et si le voyage commençait ici ?

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