Les pilotes du WRC s’attendent à ce que le Rallye du Paraguay soit une véritable loterie. Les pluies annoncées pourraient transformer l’épreuve en « un deuxième Safari Rally » de la saison.

Le Paraguay avait surpris de nombreux équipages lorsque ce rallye sur terre avait fait son apparition en WRC l’an dernier. Sa surface unique, faite d’une terre rouge ressemblant à de l’argile, s’était révélée particulièrement difficile à apprivoiser. Cette année, le rallye est le plus long de la saison avec 358,88 km au programme, dont cinq nouvelles spéciales.

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Sur le sec, la surface de la route se polit après le passage de chaque voiture et devient extrêmement glissante. Cet effet est amplifié sur le mouillé, comme l’ont constaté les pilotes lorsque de fortes précipitations avaient bouleversé le classement lors de la dernière journée l’an dernier. La gestion des pneumatiques sera également cruciale, de la roche-mère affleurant par endroits à travers la surface des routes.

Mais le sujet principal dans le parc d’assistance avant l’épreuve est la météo. La journée de vendredi devrait se dérouler sur le sec, mais de fortes pluies sont attendues samedi et dimanche.

« Quelqu’un disait que ça pouvait être presque comme un deuxième Kenya », avance Sami Pajari chez Toyota. « Si la pluie arrive, ça peut être extrêmement difficile. Il semble que vendredi puisse encore être plus simple sur le sec, même si c’est déjà exigeant ici avec beaucoup de sauts et de compressions. Il pourrait aussi y avoir beaucoup de crevaisons. Ça ne va pas être simple, surtout si la pluie arrive. »

 

Selon Oliver Solberg, les quantités d’eau attendues pourraient être énormes.

« On dirait que ce n’est pas juste un peu de pluie non plus. On dirait les chutes du Niagara. Je pense donc que lorsque ça va arriver, ce sera bien pire que l’Afrique », a-t-il déclaré à Motorsport.com.

« On a cette terre rouge et elle change tout le temps. Déjà lors du shakedown, il est assez difficile de savoir où c’est glissant. Donc je pense que lorsque la pluie arrivera, si elle arrive, ce sera difficile partout. J’aime ça. Plus c’est compliqué, mieux c’est. Plus il peut se passer de choses, plus on peut renverser la situation. »

Ogier s’attend à une loterie
Les conditions pourraient être similaires à celle du Safari Rally.

Les conditions pourraient être similaires à celle du Safari Rally.

Photo de: Toyota Racing

Prêt à se battre pour la victoire après son gros accident au Rallye de Finlande, le champion du monde en titre Sébastien Ogier sait ce qu’il faut pour dompter le Paraguay après avoir remporté la première édition de l’épreuve l’an dernier.

Le Français avait toutefois été frustré de ne pas avoir pu décrocher les 35 points possibles après avoir été piégé par une forte averse en fin de rallye. Cette année, il estime que l’épreuve sera encore davantage une loterie pour les équipages.

« Au moins, de mon point de vue, ce week-end sera une loterie. Vendredi, ce sera la loterie des crevaisons, et après, ce sera très compliqué avec les conditions, donc on ne sait jamais », a-t-il confié à Motorsport.com.

« C’est extrêmement difficile ici. Cette terre argileuse n’offre pratiquement aucune adhérence. Je pense donc que ce sera très intéressant. C’est le mot que nous utilisons toujours dans ces conditions quand on ne sait pas vraiment comment les décrire, mais ce sera compliqué. »

Sur certains aspects, les pilotes pensent que le rallye pourrait être encore plus difficile que le Safari au Kenya, notamment parce que les spéciales offrent peu de zones dégagées permettant de se rattraper après une sortie de route.

Elfyn Evans est en tête du championnat.

Elfyn Evans est en tête du championnat.

Photo de: Toyota Racing

« Nous avons eu des conditions assez similaires ici l’an dernier, peut-être pas aussi extrêmes que celles auxquelles nous allons être confrontés maintenant », a déclaré Elfyn Evans, leader du championnat avec 30 points d’avance sur Sami Pajari.

« Le problème, c’est qu’ici, il y a en réalité beaucoup plus de choses à percuter qu’au Kenya. Je sais que ça peut sembler étrange de dire qu’il n’y a rien à percuter au Kenya, mais il y a beaucoup moins de sections dégagées dans les prairies ici, et davantage de véritables routes bordées d’arbres, de talus, de rochers et de tout le reste. Ce sera donc difficile. »

« Les spéciales sont pratiquement totalement sèches pour le moment. On voit déjà à certains endroits que le risque de dégradation de la route et de crevaison est assez élevé. Il sera presque impossible de prévoir comment elles vont évoluer avec la quantité de pluie annoncée. Je pense qu’il faudra simplement essayer de gérer au mieux la situation le moment venu. »

Du suspense jusqu’à la Power Stage ?
Adrien Fourmaux veut jouer la gagne.

Adrien Fourmaux veut jouer la gagne.

Photo de: Hyundai

Adrien Fourmaux avait impressionné lors de cette épreuve l’an dernier, en prenant la tête du rallye le vendredi avant d’être victime d’une crevaison. Le Français avait ensuite été piégé par la pluie, sa Hyundai i20 N ayant pris l’eau. Il estime avoir le rythme nécessaire pour se battre pour ce qui serait sa première victoire en WRC, mais pense que le rallye ne sera joué qu’au terme de la Power Stage.

« Je suis content de venir ici. Je sais que ce sera difficile. Nous avons conservé la tête pendant longtemps l’an dernier, puis nous l’avons perdue à cause d’une crevaison, mais nous avons ensuite gardé la deuxième place et la dernière spéciale est arrivée. Mais il s’est passé plusieurs choses avant, avec le moteur, de l’eau qui est entrée, beaucoup de choses se sont produites ici, et je pense que cela se reproduira. Mais nous avons tiré les leçons de l’an dernier. »

« Il y a beaucoup de nouvelles spéciales. La pluie arrive. Ce sera glissant. Je dirais donc que tout est possible jusqu’au dernier kilomètre de la Power Stage. Les routes sont tellement compactes sur le sec. Lorsqu’il y a de l’eau, on fait de l’aquaplaning. C’est comme de la glace. »

M-Sport prend des précautions supplémentaires
M-Sport espère tirer son épingle du jeu dans des conditions difficiles.

M-Sport espère tirer son épingle du jeu dans des conditions difficiles.

Photo de: M-Sport

M-Sport-Ford se prépare au pire et a apporté des snorkels pouvant être installés sur ses Ford Puma Rally1 si les flaques d’eau deviennent problématiques. Les conditions météorologiques annoncées pourraient toutefois offrir une opportunité à l’équipe britannique de tirer son épingle du jeu dans ces conditions difficiles.

« Je pense que nous pouvons obtenir un bon résultat, mais nous savons que nous avons besoin que tout se passe comme prévu, et cela n’est pas arrivé jusqu’à présent », a déclaré Jon Armstrong, qui découvrira le Rallye du Paraguay.

« La seule chose à laquelle je peux comparer cela, c’est la spéciale du Goodwood Rally, qui présente également ces zones brillantes lorsque la surface est de plus en plus polie par le passage des voitures. Sauf qu’ici, il ne faut apparemment pas autant de voitures pour commencer à la polir. »

« C’est probablement la terre la plus glissante que l’on puisse trouver. Et avec la quantité de pluie annoncée pour dimanche, un bateau sera peut-être plus adapté. On verra », a conclu son coéquipier Josh McErlean.

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