Une étude publiée par le Danube Institute montre la forte présence des migrants dans les attaques terroristes qui ont touché l’Europe depuis 2015.
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Par Alexandre Bertolini
Publié le 29 août 2026 à 8h00
3 min · lecture
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Dix ans de terrorisme. Entre mai 2015 et mai 2025, 221 projets d’attentats djihadistes, aboutis ou déjoués, ont été recensés en Europe. Parmi eux, 100 impliquaient au moins un migrant, selon une étude publiée le 29 mai 2026 par Simon Cottee, chercheur au Danube Institute.
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Le chiffre est d’autant plus significatif que les projets impliquant des migrants semblent avoir davantage de chances d’aboutir. 51 % d’entre eux ont été exécutés, contre 36 % pour les projets dans lesquels aucun migrant n’était impliqué. Les 100 projets liés à des migrants ont causé 279 morts et 1 192 blessés, tandis que les 121 autres ont fait 107 morts et 1 449 blessés, selon l’étude.
Deux attentats particulièrement meurtriers, ceux de Paris en novembre 2015 et de Nice en juillet 2016, représentent à eux seuls 216 des 279 décès attribués aux attaques impliquant des migrants.
L’Allemagne en première ligne
Sur les douze pays étudiés, l’Allemagne concentre près de la moitié des projets liés à des migrants, devant la France et le Royaume-Uni.
Pour Simon Cottee, cette concentration ne traduit pas nécessairement une hostilité particulière de l’État islamique envers l’Allemagne. Elle s’expliquerait davantage par l’ampleur de l’immigration enregistrée pendant la crise migratoire de 2015.
À l’époque, l’Allemagne avait été l’un des principaux pays d’accueil du continent. En septembre 2015, alors que des milliers de migrants se trouvaient bloqués en Grèce et en Hongrie, Angela Merkel avait décidé de maintenir largement ouvertes les frontières allemandes, permettant ainsi l’entrée de près d’un million de nouveaux demandeurs d’asile au cours de cette année.
L’étude révèle que 80 % des projets impliquant des migrants sont associés à l’État islamique. Le point le plus important concerne le processus de radicalisation. 79 % des auteurs se seraient radicalisés après leur arrivée en Europe, sans lien organisationnel préalable avec Daech.
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À l’inverse, 9 % seraient venus en Europe avec l’intention spécifique d’y commettre un attentat. Les commandos des attentats de Paris de novembre 2015 fournissent l’exemple le plus spectaculaire de cette catégorie : certains de leurs membres étaient entrés en Europe en se faisant passer pour des réfugiés syriens.
La question du statut administratif est tout aussi sensible. Selon l’étude, 47 % des auteurs disposaient d’un statut de réfugié ou d’un titre de séjour au moment des faits.
Le coût sécuritaire de l’immigration
La conclusion politique de l’étude est claire : la question du terrorisme djihadiste devrait être intégrée à l’évaluation des politiques migratoires. Alors que le débat public porte généralement sur les bénéfices et les coûts économiques, démographiques ou sociaux de l’immigration, Simon Cottee invite à y ajouter une dimension sécuritaire.
Il assure qu’il faut reconnaître qu’un mouvement migratoire de masse peut produire des vulnérabilités pour les pays d’accueil, notamment lorsqu’il rend plus difficile l’identification d’individus radicalisés ou lorsque certains terroristes utilisent les flux migratoires pour pénétrer sur le territoire européen.
Une menace appelée à durer alors que l’Europe connaît une nouvelle crise migratoire à Ceuta où deux djihadistes liés à l’État islamique viennent d’être arrêtés.