« À 27, l’UE va crever »

Pour Yvan Verougstraete, ce n’est pas une mauvaise idée. « Sur le fond, ce que dit Bruno Lemaire n’est pas si con », déclare d’emblée le président des Engagés, également député européen. « Nous devons arrêter de nous faire marcher sur les pieds par les États-Unis et la Chine. Nous devons utiliser notre marché comme un vrai levier de puissance pour dire à Trump « Écoute, si tu ne respectes pas nos règles, débrouille-toi fieu !' »

Le constat du centriste est que l’Union européenne est trop lente et trop lourde. Face à cette machine de réglementations et de discussions interminables, se dressent « des tricheurs ». « Dans le commerce international, on a des passagers clandestins qui sont les États-Unis et la Chine. » Et dans sa forme actuelle, l’UE n’arrive pas à rester compétitive. « À 27, l’Europe va crever si elle ne change pas son logiciel économique ! Il faut arrêter d’être le gentil de la classe. »

Yvan Verougstraete rejoint dès lors Bruno Le Maire sur l’idée d’une construction concentrique de quelques pays économiquement forts mais il se distingue de l’ancien ministre sur la manière d’y arriver. Tout d’abord parce que la Belgique devrait figurer dans ce peloton, juge le président des Engagés.

Il faut le vouloir

Le projet du Français ferait se réunir les six principales puissances économiques et technologiques d’Europe : la France, l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne, la Pologne et les Pays-Bas. Pour Yvan Verougstraete, le critère d’entrée dans ce groupe ne devrait pas être le poids économique du pays mais sa volonté d’adhérer au projet.

Yvan Verougstraete : « Une journée à plus de 32 degrés en Belgique, c’est l’équivalent d’une demi-journée de grève générale pour l’économie »

« Il ne s’agit pas de faire une division fermée des « plus forts », mais de réunir les plus volontaristes, ceux qui sont prêts à prendre le risque d’avancer sans exclure les autres, qui peuvent rejoindre le mouvement une fois convaincus. L’histoire montre qu’il faut partir du projet, comme c’était le cas avec la CECA [la Communauté européenne du charbon et de l’acier qui est entrée en vigueur en 1952, NdlR] puis convaincre les pays capables de le porter. La Belgique doit veiller à être assez performante pour ne pas être exclue du camp des pionniers. »

Yvan Verougstraete va prochainement rencontrer Bruno Le Maire pour s’entretenir de ce projet.