Incendie en Algérie, la faute à l’affaire Sansal ?

Djamel BELAID 30 août 2026

Les incendies font rage au nord de l’Algérie et des victimes sont à déplorer. Il s’agit de méga-feux qui ont détruit cultures, cheptel et habitations. Les autorités locales semblent désarmées et peu préparées. Y aurait-il un lien avec l’affaire Sansal et notamment avec la brouille entre les deux pays ?

Lutte incendie, des dysfonctionnements

Lors des incendies dans la moyenne montagne de la région de Tizi-Ouzou et de Skikda, les moyens terrestres de lutte contre le feu ont été dérisoires même si ces dernières semaines la presse a fait état de l’utilisation de drones de surveillance. Une situation aggravée par le fait que le vent a empêché l’utilisation des moyens aériens dont s’est équipé l’Algérie.

Outre le vent, des températures de 45°C et le relief montagneux a considérablement favorisé la progression du feu.

Comme lors des précédents incendies, on a vu des citoyens tenter de combattre les flammes à l’aide de simples branchages là où des battes à feu étaient nécessaires.
Sur les réseaux sociaux, des citoyens évoquent le manque de moyens de protection comme des cagoules.

L’hydro-géologue Malek Abdesselem déplore l’absence de réservoirs d’eau positionnés à proximité des villages et hameaux de montagne.

Plus à l’Est, dans la région de Khenchela la presse locale fait état de l’arrestation de trois individus en pleine forêt alors qu’un incendie venait de se déclarer.

Lutte incendie, l’expérience de française

L’observation des moyens de lutte terrestre disponibles sur le terrain montre que des mesures simples pourraient un tant soit peu atténuer la survenue et l’extension des incendies.
L’expérience des services spécialisés français montre que la lutte contre le feu exige des interventions immédiates et au plus près des foyers.

La France déploie ainsi dans les massifs forestiers des équipes de volontaires assermentés sillonnant le terrain à l’aide de pick-up équipés d’une citerne et d’une pompe. Par temps chaud et venteux, ces massifs forestiers sont interdits. Par ailleurs, des réservoirs d’eau sont positionnés en différents endroits. Réservoirs souterrains pouvant être ré-approvisionnés par le ruissellement de l’eau des orages grâce à une surface imperméabilisée à proximité de ces réserves d’eau comme c’est le cas à proximité de Maussanes-les-Alpilles. Parfois sont utilisés d’anciens wagons des chemins de fer comme on peu voir le long de la route entre Marseille et Cassis.

La liste des moyens utilisés en France et de l’expérience capitalisée est longue…

Lutte incendie, la coopération avec la France

 La proximité géographique, les ressemblances du milieu méditerranéen entre les deux pays et l’expérience capitalisée par les services français sont des facteurs qui auraient pu de développer les échanges avec les services de la Protection Civile algérienne.

Mais, ces dernières années, rien de cela. L’heure est à l’escalade verbale entre les deux pays suite à l’affaire Sansal et l’attitude de Bruno Retailleau. Celui-ci remplacé par Laurent Nunez, l’intensité de la brouille a laissé des traces et a fait perdre des opportunités.
La classe politique algérienne, jusqu’au plus haut niveau, n’a pas été en reste des provocations de l’extrême droite française.

Cette bataille verbale a par ailleurs chauffé à blanc une partie de l’opinion publique algérienne. Une situation qui a profité aux franges les plus conservatrices dont les islamistes locaux.

Aujourd’hui en Algérie, au moins sur les réseaux sociaux, il est très mal vu de parler de coopération avec la France. Certes, ce sont toujours les extrémistes qui s’expriment le plus. L’homme de la rue est plus modéré et les Français visitant l’Algérie où y travaillant loue l’hospitalité algérienne.

Il est temps que les autorités algériennes développent la coopération anti-incendie avec les pays du bassin méditerranéens : Espagne, Italie, Italie, Grèce, Slovénie. De ces pays, seule la France dispose d’une langue commune avec la population algérienne : la langue française.

Une langue française dont l’enseignement est aujourd’hui remis en cause par les pouvoirs publics à la grande joie des conservateurs et islamistes.

Décidément, la récente brouille entre les deux pays n’aura pas été sans conséquences : notamment dans la prévention et la lutte contre les incendies.

Citons une autre conséquence : le blé français devenu très rare en Algérie. Problème pour l’Algérie, le flux de blé russe vers l’Algérie pourrait être contrarié par les bombardements ukrainiens sur les ports céréaliers russes de la mer Noire.