Avec notre correspondante à Nairobi, Gaëlle Laleix
Dans la ville de Meru, dans le centre du Kenya, s’avançait un cortège de voitures. Sur leur toit, plusieurs leaders de l’opposition, dont Edwin Sifuna. Soudain, des gaz lacrymogènes, tirés sans avertissement, ont dispersé la foule : « Citoyens, ne fuyez pas ! Ils ne peuvent pas nous effrayer », hurlait alors Edwin Sifuna, sénateur de Nairobi et figure de proue du mouvement Linda Mwananchi.
La veille, à Migori, dans le sud-ouest du pays, c’est la voiture du gouverneur James Orengo, aussi membre de Linda Mwananchi, qui est incendiée, lors d’un rassemblement. L’opposant accuse des « goons », des nervis politiques à la solde des autorités, d’être les auteurs de ces violences.
« Les libertés démocratiques […] ne sauraient servir de prétexte pour instrumentaliser la criminalité organisée contre des personnes de convictions politiques différentes », s’indigne Faith Odhiambo, ancienne présidente de la Société du droit kényan.
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Plus d’une dizaine de cas de violences politiques recensés cet été
Jeudi pourtant, lors de l’anniversaire de la Constitution de 2010, le président William Ruto a promis de protéger les libertés civiques des citoyens kényans : selon Kalonzo Musyoka, ancien vice-président de Mwai Kibaki, les événements de ce week-end « montrent la valeur qu’il faut accorder à cette promesse ».
Pour rappel, la Commission nationale kényane des droits humains a déjà recensé plus d’une dizaine d’incidents de violences politiques entre juin et août de cette année.
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