Des incendies ravagent plusieurs régions de l’Algérie, faisant au moins douze morts et dévastant des villages entiers. Le président Abdelmadjid Tebboune veut frapper fort : rétablir l’application de la peine de mort pour les pyromanes.

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Par Mathilde Klötgen

Publié le 31 août 2026 à 12h00

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Trente-trois ans de moratoire, et Abdelmadjid Tebboune a décidé d’y mettre fin. Dimanche, au lendemain d’incendies meurtriers dans l’est et le nord du pays, le président algérien a annoncé le rétablissement de l’application de la peine de mort contre les auteurs d’incendies volontaires. « On réinstaure la condamnation à mort pour les pyromanes », a-t-il déclaré. Et pour lever toute ambiguïté : « Il y aura exécution », a-t-il ajouté, une fois les voies de recours épuisées pour les condamnés.

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La peine capitale n’a jamais été abolie en Algérie. Le pays vit depuis 1993 sous un moratoire de fait : des condamnations à mort sont prononcées, mais plus aucune exécution n’a eu lieu depuis plus de trente ans. Tebboune ne ressuscite donc rien sur le papier. Il annonce la fin du gel, pour une catégorie de crimes précise. Le président a ordonné une modification du Code pénal, à présenter en conseil des ministres puis à faire examiner « rapidement » par le Parlement, avant le 15 septembre.

« Personne ne peut faire plier l’Algérie »

Le bilan des incendies s’élève officiellement à douze morts. Les régions de Béjaïa, Jijel et Tizi-Ouzou ont été particulièrement touchées. Cinquante-quatre personnes brûlées ont été hospitalisées. Le ministre de la Santé, Mohamed Seddik Aït Messaoudène, a qualifié le bilan de « très lourd », sans avancer de chiffre supplémentaire. Des suspects ont été arrêtés.

Le gouvernement a décrété trois jours de deuil national. Festivités culturelles et compétitions sportives ont été annulées. À Jijel, des obsèques collectives ont rassemblé une population sous le choc. Tebboune a promis une indemnisation intégrale des victimes ayant perdu leur maison, leurs meubles, leur électroménager, leur cheptel ou leurs arbres fruitiers, avant le 15 septembre lui aussi. « Personne ne peut faire plier l’Algérie », a-t-il conclu. Le Parlement algérien, convoqué dans l’urgence, ira-t-il au bout de ce texte ? Et l’exécutif ira-t-il, cette fois, jusqu’à l’exécution ?

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