La Journée mondiale de la noix de coco est célébrée ce mercredi 2 septembre 2026. Pour cette deuxième édition nationale, la Côte d’Ivoire place la filière sous le signe de la résilience et de la souveraineté agricole.
Retenu au niveau international, le thème : « La noix de coco en période d’incertitude : garantir la sécurité alimentaire, énergétique et les moyens de subsistance » traduit les nouveaux enjeux auxquels est confrontée la filière, dans un contexte marqué par le changement climatique, les tensions économiques et les bouleversements géopolitiques.
Le ministère de l’Agriculture, du Développement rural et des Productions vivrières, dirigé par Bruno Koné, entend réaffirmer la volonté du gouvernement de faire du cocotier un véritable levier de développement économique et social. L’objectif est notamment de renforcer la production, de développer la transformation locale et améliorer les conditions de vie des producteurs.
La stratégie ivoirienne s’appuie d’abord sur une présence renforcée au sein des instances internationales de la filière. En décembre 2023, lors de la 59e session de l’organisation en Indonésie, la Côte d’Ivoire a obtenu à l’unanimité son admission au sein de la Communauté internationale de la noix de coco (Icc).
Une étape consolidée en décembre 2024 avec l’adoption, en Conseil des ministres, du décret portant adhésion de la République de Côte d’Ivoire au traité constitutif de cette organisation. Cette intégration fait de la Côte d’Ivoire le premier pays d’Afrique de l’Ouest à rejoindre cette instance intergouvernementale stratégique.
Pour le gouvernement, cette ouverture doit permettre au pays de mieux participer aux échanges internationaux, de renforcer les partenariats et de tirer davantage profit des opportunités offertes par le marché mondial du coco. Autre atout mis en avant : la recherche agronomique.
La station de recherche Marc Delorme du Centre national de recherche agronomique (Cnra) constitue l’un des principaux instruments scientifiques de la Côte d’Ivoire dans le domaine du cocotier.
Grâce à ses ressources génétiques de cocotiers, la station doit contribuer à la mise au point et à la diffusion de variétés plus performantes, notamment des hybrides à haut rendement et mieux adaptés aux contraintes climatiques.
Cette orientation apparaît stratégique alors que le changement climatique menace la productivité de nombreuses exploitations agricoles.
La régénération des vergers et la promotion de pratiques agroécologiques
Pour donner une nouvelle impulsion au secteur, le ministère articule son action autour de cinq grands axes. Le premier est consacré à la souveraineté et à la sécurité alimentaire.
Le gouvernement veut accroître la valorisation des produits dérivés de la noix de coco, notamment le lait, la farine et l’huile, afin de contribuer à l’alimentation des populations et à la résilience du système alimentaire national. Le deuxième axe concerne la compétitivité et la transformation locale. Il s’agit de mieux exploiter l’ensemble des composantes du fruit, notamment l’amande, la coque et la fibre, afin de créer davantage de valeur ajoutée en Côte d’Ivoire.
La durabilité et l’adaptation au changement climatique constituent le troisième axe. La diffusion de matériels végétaux performants et l’adoption de pratiques agricoles adaptées doivent permettre de renouveler progressivement les plantations et de renforcer leur résistance. Le quatrième volet porte sur le financement et l’inclusion.
A travers les mécanismes de soutien mis en œuvre par le Conseil Hévéa-Palmier à Huile-Coco, les producteurs doivent bénéficier d’un meilleur accès aux plants et intrants de qualité. L’insertion des jeunes et l’autonomisation des coopératives féminines sont également mises en avant. Enfin, le gouvernement entend renforcer la sécurisation foncière et l’appui rural.
L’encadrement des producteurs, la politique de gratuité du certificat foncier et la recherche de mécanismes favorisant des prix rémunérateurs doivent contribuer à sécuriser les investissements et à améliorer les revenus des planteurs. Grace à cette nouvelle orientation, la Côte d’Ivoire veut donc dépasser le simple statut de pays producteur pour devenir un acteur davantage intégré à la chaîne de valeur mondiale du coco.
Production, recherche, transformation, financement et sécurisation foncière constituent désormais les principaux leviers de cette ambition. Le gouvernement appelle ainsi les producteurs, chercheurs, industriels, partenaires au développement et autres acteurs de la filière à unir leurs efforts pour transformer les incertitudes actuelles en opportunités.
L’ambition affichée à l’occasion de cette Journée mondiale est de faire du cocotier, présenté comme « l’arbre de vie », un moteur durable de prospérité, de sécurité alimentaire et de création d’emplois dans les différentes régions de la Côte d’Ivoire.