En Tunisie, la Cour de cassation a confirmé, jeudi 3 septembre, les lourdes peines confirmées en appel en novembre 2025 contre une quarantaine de personnes, dont plusieurs figures de l’opposition tunisienne, dans l’affaire dite du « complot contre la sûreté de l’État ».

« La Cour de cassation a rejeté le recours, confirmant ainsi les peines prononcées en appel », a indiqué à l’AFP Me Haifa Chebbi, avocate et fille d’Ahmed Néjib Chebbi, 82 ans, l’un des opposants de gauche les plus célèbres du pays. Les condamnations sont désormais définitives, a-t-elle ajouté.

Des peines allant jusqu’à 45 ans de prison

« La bataille judiciaire est terminée. Commence maintenant la bataille purement politique », a réagi sur les réseaux sociaux l’opposante Dalila Msaddek, sœur de Jawhar Ben Mbarek, l’un des condamnés dans cette affaire devenue emblématique de la répression qui s’est intensifiée en Tunisie depuis le coup de force du président Kaïs Saïed en juillet 2021.

En novembre 2025, la cour d’appel de Tunis avait confirmé les condamnations prononcées en première instance, avec des peines pouvant atteindre 45 ans de prison.

Parmi les personnes incarcérées dans ce dossier figurent notamment l’opposant historique Ahmed Néjib Chebbi, l’avocat Ayachi Hammami, le responsable du parti islamiste Ennahda Abdelhamid Jlassi, l’ancien ministre centriste Ghazi Chaouachi ainsi que la militante Chaïma Issa.

Une « affaire politique »

La tenue de l’audience jeudi avait été vivement critiquée, plusieurs avocats dénonçant une date annoncée au dernier moment et estimant qu’elle ne leur avait pas permis de préparer convenablement leur défense dans cette affaire aux lourds enjeux politiques.

Haifa Chebbi a dénoncé auprès de l’AFP une « affaire politique », instrumentalisée selon elle par le pouvoir « pour faire taire l’opposition ».

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Avant l’audience, Amnesty International avait exhorté les autorités tunisiennes à annuler les condamnations, qu’elle juge « iniques », et à libérer les détenus.

L’ONG fustigeait « un procès collectif entaché de violations des garanties d’une procédure régulière » et dénonçait les conditions de vie des prisonniers, aggravées selon elle par « les récentes vagues de chaleur successives ».

Avec AFP