La cohésion sociale désigne le degré auquel les individus se sentent appartenir à une  société, se font confiance, coopèrent pour le bien commun et croient que les institutions  publiques traitent les citoyens équitablement (Burchi et al., 2026). En Afrique, où la diversité,  la mobilité et le développement inégal façonnent les relations sociales, les migrations  constituent un test important de la cohésion sociale en soulevant des questions  d’appartenance, d’identité et d’inclusion. 

A partir des données d’Afrobarometer Round 10 issues de 50.961 entretiens menés dans 38  pays africains (2024/2025), ce Profil Panafricain examine la confiance interpersonnelle, la  tolérance sociale, l’identité, les attitudes envers les immigrants, la confiance  et l’équité institutionnelles, ainsi que la coopération pour le bien commun. 

Les résultats montrent que si la confiance diminue à mesure que la distance  sociale s’accroît au sein de la société, la tolérance sociale demeure élevée : Une large majorité des Africains acceptent les voisins d’origines  ethniques, de religions, d’appartenances politiques et, dans une moindre  mesure, de nationalités différentes. L’immigration constitue une limite à  l’inclusion : Moins de la moitié des Africains estiment que les immigrants sont bénéfiques pour  l’économie, et une majorité d’entre eux sont favorables à une réduction du nombre de  demandeurs d’emploi et de réfugiés étrangers admis, l’Afrique du Sud affichant certaines  des positions les plus restrictives du continent. 

La plupart des Africains attachent autant d’importance à leur identité nationale qu’à leur  appartenance ethnique ; beaucoup leur en accordent une importance égale. Cependant,  le sentiment d’inégalité de traitement de la part du gouvernement et du système judiciaire  est largement répandu, et nombreux sont les Africains qui pensent que les juges privilégient  souvent les intérêts des puissants au détriment du droit. 

La solidarité informelle reste la plus forte au sein des familles, tandis que l’action civique  collective est moins fréquente. 

Globalement, les résultats dressent le portrait d’un continent caractérisé par des liens  familiaux et communautaires forts et une grande tolérance sociale, mais par une confiance  plus faible entre les groupes sociaux, des attitudes restrictives envers l’immigration, des  inquiétudes quant à l’équité des institutions et un engagement civique limité. Renforcer la  cohésion sociale exigera à la fois une confiance accrue entre les citoyens et les institutions  qui défendent l’égalité et promeuvent l’inclusion.