Avec notre correspondante à Johannesburg, Claire Bargelès

Les plaignants sont pour l’instant au nombre de trois : un survivant de 87 ans qui, à l’époque, avait été blessé par balle, et deux enfants d’autres victimes. Mais selon les avocats qui les accompagnent, plus de 70 personnes ont exprimé leur intérêt pour se joindre à cette action collective, si elle est acceptée par la Haute Cour de la région du Gauteng.

La démarche vise à forcer l’État sud-africain à abroger une loi passée une année après le massacre par le régime de l’apartheid et qui visait à protéger tout agent des forces de l’ordre de responsabilité liée au drame. Cela permettrait à la fois d’ouvrir la voie vers de possibles poursuites, si des responsables sont encore en vie, mais surtout de réclamer de meilleures compensations que celles obtenues jusqu’à présent.

Cette action en justice s’inscrit dans une volonté générale des victimes de l’apartheid d’obtenir vérité et réparation en Afrique du Sud ces dernières années. Une commission d’enquête se penche également sur les raisons qui expliquent que de tels dossiers aient été négligés, souvent pendant des décennies.

Le gouvernement sud-africain ne s’est pas encore exprimé sur le sujet. Mais lors d’un discours honorant une autre victime de l’apartheid, le président Cyril Ramaphosa a reconnu ce jeudi 3 septembre que le travail de justice transitionnelle n’est pas terminé et que « sans justice, il ne peut y avoir de paix ».

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