En Tunisie, 20 prisonniers sont morts durant la vague de chaleur qui a frappé le pays durant les dernières semaines, a affirmé la ligue tunisienne des droits de l’Homme (LTDH). Jusqu’à la fin août, « nous avons documenté vingt cas de décès » dans les établissements pénitentiaires, a déclaré Bassem Trifi, président de la LTDH à la radio privée Express FM, précisant avoir récolté les données auprès de médecins, d’avocats et de familles. La Tunisie a connu un été éprouvant avec des températures dépassant de loin les normales saisonnières, ainsi que des coupures d’eau et d’électricité.
Les conditions de « torture » des prisons
« En temps normal, les conditions sont déjà dures » dans les prisons, a expliqué le président de la LTDH. Mais lorsque les températures atteignent les 45°C à l’extérieur, « elles équivalent à de la torture », a-t-il affirmé, citant la chaleur suffocante et le manque d’aération dans des cellules surpeuplées. Aucun bilan officiel n’a été établi par les autorités.
La section de la LTDH à Kairouan (centre) a annoncé lundi 31 août le décès d’un détenu de 50 ans qui a, selon l’ONG, été victime d’un accident vasculaire cérébral après avoir été affecté par la chaleur extrême. Sous couvert de l’anonymat, un avocat a par ailleurs indiqué qu’un autre détenu était décédé vendredi 28 août à la prison de Mornaguia, près de Tunis, après avoir « suffoqué » de chaleur.
Le danger de la situation climatique
Au-delà du milieu carcéral, l’Organisation tunisienne des jeunes médecins (OTJM) a appelé samedi 29 août à déclarer l’état d’urgence sanitaire, évoquant un nombre de coups de chaleur en hausse. Le président de l’OTJM avait affirmé fin juillet qu’entre 150 et 200 décès liés à la chaleur avaient été enregistrés. L’information n’a elle non plus pas été confirmée par les autorités tunisiennes. « Nous ne disons pas qu’une personne est décédée (à cause de la chaleur) sans l’avoir établi avec certitude, sur la base d’indicateurs scientifiques et de la médecine légale », a récemment expliqué une responsable du ministère de la Santé, Henda Chebbi.