En Tunisie, l’Ordre des avocats, l’Union générale tunisienne du travail (UGTT, centrale syndicale) et la Ligue tunisienne des droits de l’homme ont joué un rôle politique important après la Révolution de 2010-2011 dans le pays.
Avec l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica), le syndicat patronal, leur quartet avait permis une sortie de crise politique entre 2013 et 2014 et l’organisation de nouvelles élections. Une initiative pour laquelle, elles avaient reçu le prix Nobel de la paix en 2015, grâce à leur processus vers un dialogue national.
Plus d’une décennie plus tard, sans le patronat, ces organisations de la société civile s’unissent à nouveau. Elles dénoncent dans un communiqué les choix politiques qui ont prouvé leur incapacité à résoudre les crises accumulées et qui ont aggravé les souffrances des Tunisiens ainsi qu’un recul dans les domaines des droits et des libertés, l’exercice de l’action syndicale et politique et un resserrement de l’espace civique.
Le communiqué tire aussi à boulets rouges sur l’institution pénitentiaire avec une aggravation des conditions de détention des détenus, notamment pendant la vague de canicule de cet été. La Ligue tunisienne des droits de l’homme a d’ailleurs réclamé une enquête après avoir répertoriée près de 20 morts suspectes en détention qui seraient dues à la chaleur.
Reprise d’un dialogue social
Cette coordination des trois organisations réclame aussi la reprise d’un dialogue social, au point mort depuis des années.
Depuis le coup de force du président Kaïs Saïed le 25 juillet 2021, par lequel il s’est octroyé les pleins pouvoirs, opposition et société civile déplorent un recul des droits et libertés dans le pays qui a été le berceau du Printemps arabe.
Le pays a par ailleurs a connu un été éprouvant avec des températures dépassant de loin les normales saisonnières, ainsi que des coupures d’eau et d’électricité. Les habitants ont aussi dû faire face à une pénurie d’eau minérale.
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