L’Union européenne a exprimé vendredi 4 septembre sa « préoccupation » après la confirmation par la Cour de cassation tunisienne des lourdes condamnations prononcées contre une quarantaine de personnes dans l’affaire du « complot contre la sûreté de l’État ». Plusieurs figures de l’opposition et de la société civile sont concernées.
Parmi les personnes incarcérées figurent notamment l’opposant Ahmed Néjib Chebbi, l’avocat Ayachi Hammami, le responsable d’Ennahdha Abdelhamid Jlassi, l’ancien ministre Ghazi Chaouachi et la militante Chaïma Issa.
Des doutes sur le procès équitable
« L’Union européenne a pris acte avec préoccupation des verdicts confirmés par la Cour de cassation tunisienne le 3 septembre », a déclaré le porte-parole de la diplomatie européenne Christian Wigand. Bruxelles estime que « certaines interrogations subsistent quant au plein respect des garanties liées à un procès équitable ».
L’UE déplore également que des contacts avec des diplomates étrangers, notamment européens, aient pu être utilisés comme « motif d’inculpation ou élément à charge ». Elle appelle les autorités tunisiennes à « rétablir les conditions nécessaires pour que le pluralisme et les voix indépendantes puissent contribuer au développement du pays ».
Des condamnations jusqu’à 45 ans
Jeudi 3 septembre, la Cour de cassation a rejeté les recours dans cette affaire, rendant définitives les condamnations, qui peuvent atteindre 45 ans de prison. Plusieurs avocats avaient dénoncé les conditions de l’audience, dont la date aurait été communiquée tardivement, compliquant la préparation de la défense.
Avant l’audience, Amnesty International avait appelé à l’annulation de condamnations jugées « iniques » et à la libération des détenus.
Depuis le coup de force du président Kaïs Saied en juillet 2021, l’opposition et des organisations de la société civile dénoncent un recul des droits et libertés en Tunisie.