Les exportations de produits forestiers du Ghana ont atteint en 2025 leur plus bas niveau en six ans, selon un rapport publié par la Timber Industry Development Division (TIDD). Parmi les marchés internationaux, l’Europe, malgré une concurrence accrue d’autres régions, conserve une place centrale dans les débouchés du pays.

Des exportations en net recul, l’Europe toujours deuxième client

Le Ghana a expédié 217 000 mètres cubes de bois et de produits dérivés en 2025, pour des recettes de 98,38 millions d’euros. Les volumes reculent de 20 % sur un an et les recettes de 21 % par rapport à 2024.

L’Asie reste de loin le premier marché, absorbant 63% des exportations. L’Europe arrive en deuxième position avec 17%, devant l’Afrique (13%), tandis que les Amériques et le Moyen-Orient représentent des parts plus modestes.

La structure des exportations est dominée par le bois scié séché à l’air. Le bois scié séché au four, le contreplaqué et les billes complètent l’essentiel des flux commerciaux. Les essences exportées incluent notamment le teck, le wawa et l’eucalyptus, utilisées dans des segments à plus forte valeur ajoutée.

Une dynamique baissière

Le recul observé en 2025 s’inscrit dans une tendance enclenchée depuis plusieurs années. Après une progression continue à partir de 2020, les exportations avaient culminé à 343 000 m³ en 2022, pour une valeur supérieure à 153 millions d’euros. La dynamique s’est inversée dès 2023, avec un repli d’environ 15%, suivi d’une contraction continue jusqu’à fin 2025.

Le rapport du TIDD ne détaille pas les causes de cette contre-performance. Elle intervient toutefois dans un contexte international moins porteur. Selon l’Organisation internationale des bois tropicaux, les importations de bois tropicaux par l’Union européenne ont reculé de 18 % en volume en 2023. La baisse concerne l’ensemble des pays fournisseurs, qu’il s’agisse des producteurs d’Afrique parmi lesquels se trouvent d’autres pays comme le Congo, le Liberia, le Cameroun ou la RDC, ou d’autres origines en Amérique latine. Les facteurs avancés incluent la stagnation économique en Europe et l’érosion du pouvoir d’achat, qui ont pesé sur les secteurs utilisateurs, notamment la construction.

La plateforme spécialisée Global Wood évoque aussi de son côté un ralentissement plus large de la demande mondiale. « La demande mondiale reste atone : entre le ralentissement persistant de la Chine, la concurrence des résineux brésiliens et la stagnation du marché européen, les producteurs africains font face à un faisceau de facteurs qui freine collectivement la croissance de leurs exportations », indiquait-elle dans une analyse publiée en octobre 2025.

Perspectives

Malgré ce contexte mondial moins favorable, le secteur forestier reste un des secteurs à fort potentiel pour l’économie ghanéenne. Le pays dispose de l’une des plus importantes couvertures forestières d’Afrique de l’Ouest, et les produits issus de l’industrie du bois constituent une source de devises non négligeable hors secteur minier.

Dans ses relations commerciales avec l’Europe, le Ghana a franchi une étape importante en devenant, après seize années de réformes, le premier pays africain et le deuxième au monde après l’Indonésie à pouvoir délivrer des licences garantissant la légalité et la traçabilité du bois exporté vers l’UE. Ce dispositif permet aux produits certifiés d’entrer sur le marché européen sans procédures supplémentaires de diligence renforcée.

Pour Accra, cet acquis constitue un avantage comparatif dans un environnement où les exigences de traçabilité se renforcent. Il consolide l’accès à un marché à forte valeur ajoutée, même lorsque les volumes fluctuent, et renforce la crédibilité du pays auprès d’importateurs sensibles aux critères environnementaux.

Cette avancée ne règle toutefois pas l’ensemble des défis structurels. La pression sur les forêts demeure élevée, notamment du fait de l’exploitation minière artisanale illégale. L’enjeu n’est donc pas uniquement commercial, mais aussi lié à la capacité du pays à préserver durablement sa ressource forestière.