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Des vaches, tellement maigres que leurs os menacent de transpercer leur peau, errent sur des champs caillouteux, à la recherche du moindre brin d’herbe. «Nous ne pouvons rien récolter car les cultures ont séché à cause du manque de pluie», déplore Futsimti Tesfay, jointe par Le Temps le 3 septembre. En Éthiopie, l’été correspond pourtant à la période la plus humide de l’année. Futsimti et ses cinq enfants scrutent avec inquiétude le niveau des sacs de sorgho, de teff et de blé ramassés l’an dernier. «D’un côté, il y a la sécheresse, de l’autre, il y a la guerre. Alors nous prions», résume la quadragénaire, qui vit à 90 kilomètres au sud-est de Mekele, la capitale du Tigré, une région du nord de l’Éthiopie.

D’après le Réseau d’alerte précoce contre la famine, la période de juin à juillet a été la plus sèche jamais enregistrée sur une grande partie de l’Éthiopie, avec des déficits pluviométriques allant de 40 à 70%. Cet outil international de référence pointe El Niño. L’Organisation météorologique mondiale estime que ce phénomène climatique exceptionnel pourrait durer jusqu’en février 2027. Le Tigré, sur lequel plane le spectre d’un retour à la guerre, est d’ores et déjà affecté.